2 octobre fête des Saints Anges Gardiens

ange gardienQuelle bonté, M F., quelle tendresse de la part de notre Dieu ! Non content de nous avoir donné son Fils unique, le plus tendre objet de ses complaisances, pour le sacrifier à la mort la plus cruelle ; non content de nous avoir arrachés à la tyrannie du démon, de nous avoir appelés à la glorieuse qualité d’enfants de Dieu et de nous avoir choisis pour cohéritiers de son royaume, il veut encore envoyer à chacun de nous un ange du ciel pour nous garder tous les jours de notre vie. Cet ange ne nous doit pas quitter, avant d’avoir paru avec nous au tribunal de Jésus-Christ, pour lui rendre compte de tout ce que nous aurons fait pendant notre vie. Oui., nos anges gardiens sont nos plus fidèles amis, parce qu’ils sont avec nous le jour, la nuit, dans tout le temps et dans tous les lieux. La foi nous apprend que nous les avons toujours à nos côtés. C’est ce qui fait dire à David : « Que rien ne pourra nous nuire, parce que le Seigneur a commandé à ses anges d’avoir soin de nous ; » et, pour montrer combien sont grands les soins qu’ils prennent de nous, le prophète dit qu’ils nous portent entre leurs mains, comme une mère porte son enfant. Ah ! c’est que Dieu prévoyait les dangers sans nombre auxquels nous serions exposés sur la terre, au milieu de tant d’ennemis, qui tous ne cherchent que notre perte. Oui, M.F., ce sont nos bons anges qui nous consolent dans nos peines, qui nous avertissent quand le démon vient nous tenter, qui présentent à Dieu nos prières et toutes nos bonnes actions, qui nous assistent à la mort et présentent nos âmes à leur souverain Juge. Oh ! M.F., que de biens nous recevons par le ministère de nos bons anges gardiens ! Afin de vous engager à avoir en eux une grande confiance, je vais vous montrer : 1° combien sont grands les soins qu’ils prennent de nous ; 2° ce que nous devons faire pour leur témoigner notre reconnaissance.

I. – Vouloir prouver, M.F., qu’il y a des anges, ce serait perdre son temps.

Depuis le commencement du monde, le commerce des anges avec les hommes est si fréquent, que l’Écriture sainte en fait mention à tout instant. Il faudrait n’avoir pas ombre de bon sens pour en douter. Lorsque Adam fut dans le paradis terrestre, le Père céleste lui envoya ses anges pour lui faire part de ses volontés. Quand Adam eut le malheur de pécher, ce fut un ange qui le chassa du paradis . Presque tous les patriarches et les prophètes ont été instruits par les anges des volontés du Seigneur. Souvent même, nous voyons que Dieu s’est fait représenter par des anges. – Mais, me direz-vous, si on les voyait, l’on aurait bien plus de confiance ? – Si cela eût été nécessaire au salut de notre âme, le bon Dieu les aurait rendus visibles. Mais cela importe peu ; car dans notre religion, nous ne connaissons que par la foi, et cela, afin que toutes nos actions soient plus méritoires. D’ailleurs, nous sommes aussi sûrs de leur présence, que si nous les voyions de nos propres yeux. Si vous désirez savoir le nombre des anges, leur fonction, je vous dirai qu’ils sont sans nombre ; les uns sont créés pour honorer Jésus-Christ dans sa vie cachée, souffrante et glorieuse, ou pour être les gardiens des hommes, sans cesser, pour cela, de jouir de la présence divine . Les autres s’occupent à contempler les perfections de Dieu, ou bien, veillent à notre conservation, en nous fournissant tous les moyens nécessaires à notre sanctification. Quoi-que le bon Dieu se suffise à lui-même, il emploie néanmoins, pour gouverner le monde, le ministère de ses anges. Tels sont établis protecteurs des royaumes, tels autres, des empires, etc.
Si nous voyons Dieu prendre tant de soin de notre vie, nous devons conclure que notre âme est quelque chose de bien grand et de bien précieux, pour qu’il emploie à sa conservation et à sa sanctification tout ce qu’il a de plus grand dans sa cour. Il nous a donné son Fils pour nous sauver. Ce Fils lui-même donne son corps et son sang pour en faire la nourriture de nos âmes, il consent à rester nuit et jour au milieu de nous, il donne à chacun de nous un et même plusieurs anges, qui s’occupent uniquement à lui demander pour nous les grâces et les secours nécessaires à notre salut. N’est-ce pas, M.F., que jamais nous n’avons bien pensé à ce que nous sommes, à ce que vaut notre âme ? Oh ! que l’homme connaît peu ce qu’il est, et la fin pour laquelle il a été créé !… Nous lisons dans l’Écriture sainte que le Seigneur disait à son peuple : « Je vais vous envoyer mon ange, afin qu’il vous conduise dans toutes vos dé-marches . » Oh ! M.F., qui pourrait compter les grâces que nous recevons par la protection de nos anges gardiens ! Oui, ce sont eux qui nous consolent dans nos chagrins. Lorsque Agar, dit l’Écriture, fut chassée de la maison de son maître, elle se retira dans un désert, et là, comme elle s’abandonnait à la tristesse, le Seigneur lui envoya un ange pour la consoler et lui dire : « Ne vous laissez point aller au désespoir, mais retournez dans la maison de votre maître, et soyez plus sou-mise . » Ce fut un ange que le Seigneur envoya à Loth pour lui dire de sortir promptement de la ville de Sodome, avant que le Seigneur y fit tomber le feu du ciel . Ce furent les anges qui préservèrent des flam-mes les trois enfants dans la fournaise de Babylone , et qui fermèrent la gueule des lions pour les empêcher de dévorer le prophète Daniel .
Les anges, M.F., se font un grand plaisir de nous assister dans nos entreprises, quand elles sont selon Dieu ; nous en avons un bel exemple dans la personne du jeune Tobie. Son père l’envoya à Ragès pour cher-cher son argent ; ne sachant point le chemin, le bon Dieu lui envoya l’ange Raphaël, qui se présenta à lui sous la forme d’un jeune homme . Tobie lui demanda s’il connaissait le chemin pour aller à Ragès. L’ange lui dit qu’il le connaissait et même l’oncle chez qui il allait. Le jeune homme, tout joyeux, va dire à son père qu’il avait trouvé un homme qui savait le chemin de Ragès et qui connaissait son oncle. L’ange partit donc avec Tobie, et lui donna tous les renseignements nécessaires à son voyage. Pendant leur route, Tobie étant allé sur le bord du Tigre, un poisson énorme sembla venir à lui pour le dévorer, il eut aussitôt recours à son protecteur, ne sachant pas qu’il était un ange. Celui-ci lui dit : « Ne craignez rien, tirez-le à vous. » A l’instant le poisson, creva . Il lui dit encore : « Prenez le fiel pour l’emporter, vous en frotterez les yeux de votre père et vous lui rendrez ainsi la vue. » Il le mena chez son oncle, où tout alla pour le mieux. Il lui sauva encore la vie en enchaînant le démon. Lorsqu’ils furent de retour, le jeune Tobie ne sachant comment payer tant de bienfaits, dit à son père : « Mon père, quand nous donnerions la moitié de tout ce que nous avons apporté, cela ne serait pas assez pour le récompenser de tous les services qu’il m’a rendus dans mon voyage : il m’a conduit et ramené sain et sauf, il m’a délivré d’un monstre qui allait me dévorer, il a obtenu lui-même l’argent que mon oncle nous devait, il m’a fait aussi épouser une femme selon le cœur de Dieu, il a enfin empêché le démon de me détruire, comme il l’a fait des sept maris qui l’ont épousée avant moi. » Le père voulant lui faire accepter la moitié de tout ce qu’ils avaient apporté, l’ange se fit connaître et disparut. Mais pour témoigner à Dieu leur reconnaissance, ils se prosternèrent longtemps la face contre terre. Voyez-vous, M.F., combien les anges prennent soin de nous, lorsque nous avons confiance en eux ?…

Mais, me direz-vous, quand le bon Dieu nous envoie–t-il du ciel nos anges gardiens ?

– C’est, M.F., lorsque nos âmes sont créées, c’est-à-dire quand nos corps sont dans le cas de les recevoir, de sorte qu’une mère enceinte a son ange gardien, et elle a aussi celui de l’enfant qu’elle porte dans son sein pour veiller à ce que rien ne puisse lui ôter la vie avant d’avoir reçu le saint Baptême. Il faudrait, M.F., pouvoir comprendre combien est grande la joie de nos bons anges gardiens, quand on nous porte à l’église pour recevoir ce sacrement. Avec quel empressement ils écrivent notre nom dans le livre de vie ! Il est très certain que nous avons quantité de démons autour de nous pour nous faire tomber dans le péché ; et, si notre ange gardien n’était pas là auprès de nous pour nous défendre, nous succomberions à toutes les attaques que le démon nous livre. C’est notre bon ange qui nous fait apercevoir la tentation ; c’est lui qui nous inspire d’avoir recours à Dieu, qui nous fait rap-peler de sa présence pour nous faire craindre le péché. Si nous avons le malheur de pécher, ce sont nos bons anges gardiens qui vont se jeter aux pieds du bon Dieu pour lui demander notre grâce. En effet, après chaque péché, nous sentons ordinairement un remords d’avoir fait le mal, et nous promettons au bon Dieu de ne plus le commettre. C’est sûrement notre ange gardien qui, par ses prières, nous mérite cette grâce. S’il voit que nous sommes insensibles aux outrages que nous avons faits à Dieu, il nous menace des châtiments de la justice divine ; il nous fait penser à la mort, au regret que nous aurons, dans ce moment, d’avoir fait le mal. Il nous fait penser à quelque mort subite ou effrayante. La pensée du jugement nous poursuivra, et celle de l’enfer se logera dans notre cœur pour nous déchirer l’âme, et ainsi, nous forcera en quelque sorte à ne pas rester plus longtemps dans le péché.
Nos anges gardiens, nous accompagnent partout. Il est rapporté dans l’histoire qu’un jeune homme voyait, d’une manière sensible, son ange gardien. Quand il entrait dans l’église, son ange entrait toujours devant lui ; quand il fut prêtre, son ange ne voulut plus passer le premier ; on le voyait quelquefois parler et rester longtemps à la porte. On lui demandait pourquoi. « Avant que je fusse prêtre, dit-il, mon ange me précédait toujours ; maintenant, il ne veut plus entrer que je ne sois entré le premier . » Ah ! M.F., si nous avions la pensée, lorsque nous venons à l’église, que nos anges marchent devant nous, avec quel respect n’y viendrions -nous pas !… avec quelle modestie nous assisterions à la sainte Messe, en pensant que nous sommes à côté d’un ange gardien prosterné devant le Dieu de toute grandeur ? Avec quel empressement ne le chargerions-nous pas de présenter nos prières à Jésus-Christ ? Il est encore rapporté qu’un jeune prince anglais avait abandonné son palais pour se retirer dans un désert. Dieu, pour lui témoigner sa joie, lui donna le bonheur de voir son ange gardien tous les matins et tous les soirs. On raconte de sainte Françoise qu’elle voyait continuelle-ment son ange gardien, sous la figure d’un enfant d’une beauté incomparable, et dont le visage était si resplendissant, que souvent elle lisait son office pendant la nuit à la clarté de la lumière qu’il répandait. Son ange avait tant de soin de la conduire à la perfection, que si, par moment, elle se laissait aller à des pensées inutiles dans sa solitude, ou s’il lui échappait quelque parole oiseuse dans la conversation, ce bon ange lui faisait connaître sa faute en disparaissant. Alors, toute remplie de confusion et de douleur d’avoir éloigné elle-même son fidèle gardien, elle pleurait amèrement, priant le bon Dieu d’avoir pitié d’elle, et lui promettant qu’elle se corrigerait. Après quelques moments de larmes, elle voyait reparaître son ange gardien, à qui elle témoignait sa douleur de l’avoir forcé de s’éloigner. Si, quelquefois, ceux qui étaient avec la sainte lui disaient quelque parole qui pût tant soit peu blesser la charité, elle témoignait la peine qu’elle en ressentait en se couvrant le visage de ses mains …
M.F., quoique nous ne voyions pas, comme cette sainte, notre ange gardien, nous ne sommes pas moins sûrs de l’avoir auprès de nous pour veiller à la conservation de notre âme. Hélas ! de quelles tortures et de, quelles amertumes ne devons-nous pas l’abreuver, en menant une vie si misérable ? Que doit penser l’ange gardien d’une personne qui ne fait ni pâques, ni confes-sion ? d’une personne âgée qui se roule continuellement. dans le péché de l’impureté ? Ah ! mon Dieu, s’ils étaient capables de souffrir, ne seraient-ils pas aussi misérables que les réprouvés qui brûlent dans les enfers ? Comment les anges, qui sont si purs, peuvent-ils demeurer auprès de ces infâmes ? Des anges charitables peuvent-ils bien rester avec des vindicatifs et des rancuneux ? Les anges, si humbles, peuvent-ils bien accompagner un orgueil-leux ? Comment un ange, qui aime tant le bon Dieu, peut-il bien être heureux avec un impie, un incrédule qui nie tout, qui ne croit à rien ? Est-il bien possible que nous soyons si mauvais, si ingrats envers des amis si bienfaisants, si fidèles à ne pas nous quitter un seul instant ?…
Nous savons que nos anges gardiens ont un grand soin de nous consoler dans nos peines et nos souffrances. Nous lisons dans l’Écriture sainte que Jacob, fuyant la fureur de son frère, s’endormit en chemin. Le bon Dieu, pour le consoler, lui montra dans une vision une échelle, qui de la terre montait jusqu’au ciel ; il voyait les anges monter et descendre pour offrir nos prières à Dieu et rapporter les grâces que nous demandons. L’ange qui avait conduit et ramené le jeune Tobie, s’étant fait connaître, dit à son père : « Lorsque vous priiez et que vous ensevelissiez les morts, c’était moi-même qui portais vos bonnes actions au Seigneur . » Il est dit dans la vie de saint Nicolas Tolentin que, pendant les deux mois de sa maladie, quatre anges demeuraient toute la nuit dans sa chambre. Ils chantaient une mélo-die si agréable, qu’il en oubliait ses souffrances. Les six derniers jours avant sa mort, ils restèrent le jour et la nuit ; tous ceux qui eurent le bonheur d’entrer dans la chambre eurent aussi le bonheur d’entendre leurs chants. Les anges emmenèrent son âme avec eux dans le ciel. Sainte Liduwine souffrant des douleurs très vio-lentes, un ange se montra à elle dans une si grande beauté, qu’elle oublia ses souffrances . Nous pouvons dire que les anges se plaisent à nous rendre tous les services dont ils sont capables, et qu’ils ont grandement à cœur de nous faire participer à leur bonheur. Par eux, le ciel fait un saint commerce avec la terre.

Dieu employa souvent le ministère des saints anges dans les événements les plus importants.

C’est par eux qu’il instruisait les patriarches et les prophètes, par eux qu’il parlait à son peuple. Nous lisons dans l’Écriture sainte, que le Seigneur envoya son ange pour parler aux Israélites en son nom : « Je vous ai retirés de l’Égypte et vous ai fait entrer dans la Terre promise, en vous promettant que je ne vous abandonnerais jamais, mais à condition que vous me seriez fidèles. Vous n’avez pas voulu entendre ma voix, pourquoi vous êtes-vous com-portés de cette manière ? C’est à cause de votre infidélité et du mépris que vous avez fait de mes grâces, que je ne vous ai pas défendus contre vos ennemis . » Les Israélites, entendant ces paroles de l’ange, se mirent à pousser des cris lamentables, et versèrent des larmes en abondance, en le priant d’avoir pitié d’eux et de ne pas les abandonner.
Nous voyons que tous les hommes qui ont été grands sur la terre, ont été annoncés par les anges. Ce fut un ange qui annonça la naissance de Samson, le vengeur du peuple de Dieu . Ce fut un ange qui annonça la conception de saint Jean . Ce fut un ange qui annonça la conception du Sauveur, ce fut un ange qui annonça aux bergers sa naissance , ce fut un ange qui dit à Joseph de fuir en Égypte . Ce fut encore un ange qui consola Jésus dans son agonie au jardin des Olives , ce furent les anges qui ensevelirent et accompagnèrent le corps de la sainte Vierge après sa mort . Ce seront des anges qui accompagneront le Seigneur a son dernier jugement . « D’après cela, M.F., si chacun d’eux doit être honoré selon sa dignité, nous dit saint Bernard, quel honneur et quelle louange ne devons-nous pas rendre à nos anges gardiens, eux dont la nature est si parfaite, la sainteté si éminente, la gloire si éclatante ? » Mais ce qui doit nous porter surtout à une grande vénération envers eux, c’est leur inviolable fidélité pour le bon Dieu. Leur innocence n’a jamais été souillée de la moindre tache, leur amour et leur zèle n’ont jamais souffert la moindre altération. Si nous aimions véritablement le bon Dieu, M.F., quelle joie n’aurions-nous pas de ce qu’il reçoit de ces esprits bienheureux, des louanges si parfaites ? Hélas ! combien sont imparfaites les louanges de ceux qui, même parmi nous, l’aiment le plus ! Que de distractions dans nos entretiens avec Dieu ! Pour les anges, au contraire, rien n’est capable de les distraire de la présence de Dieu, tant ils sont absorbés dans la contemplation de sa grandeur. Ils font sans cesse retentir la voûte des cieux de ce cantique d’allégresse : « Saint, Saint, Saint, le Seigneur, le Dieu des armées ; qu’honneur, gloire et adoration lui soient rendus, dans tous les siècles des siècles ! »
Je dis que nos anges gardiens sont très exacts à nous secourir dans nos peines. Nous lisons dans les Actes des saints Apôtres le trait suivant. Saint Pierre ayant été mis en prison par l’ordre d’Hérode, il s’endormit entre les deux soldats qui le gardaient la nuit, c’était la veille du jour où on devait le faire mourir ; un ange se présente à lui tout à coup, l’éveille, rompt ses chaînes et ouvre les portes de la prison, lui disant : « Levez-vous promptement… et suivez-moi. » Étant guidé par l’ange, il sortit de sa prison et vint heurter à la porte de la maison où étaient réunis les disciples. Une servante ayant entendu la voix de Pierre, ne pouvant retenir sa joie, courut sans ouvrir la porte, annoncer que Pierre était là. On ne voulait point la croire ; les uns la trai-taient d’insensée, les autres disaient que c’était un ange. Et Pierre étant entré, raconta à tous ses frères ce que son ange gardien avait fait pour le délivrer. Nous voyons que souvent Dieu envoyait ses anges porter secours aux martyrs. Ainsi, ce furent les anges qui apportèrent les couronnes aux quarante martyrs de Sébaste, ce qui fut cause que celui-là même qui les gardait se convertit à la vue de ce prodige .
Le saint roi David, qui connaissait combien leurs louanges sont agréables au Seigneur, invitait les anges à le louer et à le bénir en leur disant : « Bénissez le Seigneur, vous tous qui êtes les ministres de ses volontés » Suivons, M.F., l’exemple de ce saint roi, prions souvent les anges de louer et d’adorer Dieu pour nous ; prions-les de prendre notre place auprès de lui, pour le remercier de toutes les grâces qu’il nous a faites pendant notre vie. Demandons-leur qu’ils prient le bon Dieu de changer nos cœurs, et d’en faire des cœurs tout célestes.

II. – Pour mériter ce bonheur qui est la protection de nos anges gardiens, nous devons souvent les invoquer, les bien respecter et, surtout tâcher de les imiter dans toutes nos actions. La première chose que nous devons imiter en eux, c’est la pensée de la présence de Dieu ; à leur exemple, ne la perdons jamais. Ah ! M.F., si nous avions ce bonheur, que de péchés de moins !… En effet, si nous étions bien pénétrés de la présence de Dieu, comment pourrions-nous faire le mal ? Oh ! que nos vertus et toutes nos bonnes oeuvres seraient bien plus agréables à Dieu ! Nous n’aurions plus de respect humain, plus de vues humaines. Si nous nous ressou-venions toujours de la présence de Dieu, comment aurions-nous le courage de rester dans le péché, en voyant combien nous faisons souffrir Jésus-Christ ? Comment pourrions-nous vouloir du mal à notre pro-chain, en pensant que le bon Dieu, lui, dont la bonté est infinie, considère, lit et écoute tous les mouvements de notre cœur ? Aussi, voulant élever le patriarche Abraham à une haute perfection, Dieu lui dit : « Abraham, veux–tu être parfait ? Marche en ma présence . » Comment se peut-il faire que nous oubliions si facilement le bon Dieu, tandis que nous l’avons toujours devant nous ? Pourquoi ne sommes-nous pas saisis de respect et de reconnaissance envers nos anges, qui nous accompagnent jour et nuit ? Des princes de la cour céleste !… O mon Dieu, que nous sommes heureux !… mais aussi, que nous sommes loin de le comprendre ! – « Je suis trop misérable, direz-vous peut-être, pour mériter cela ! » -Non seulement, M.F., Dieu ne vous perd pas un instant de vue, mais il vous donne un ange qui ne cesse de guider vos pas. Oh ! bonheur trop grand, mais trop peu connu des hommes !
Nous devons imiter aussi leur amour pour Dieu. Ils ont tellement à cœur sa gloire, que lorsque nous avons le malheur de pécher, ils nous précipiteraient au fond des enfers, si Dieu ne leur défendait pas de nous punir . Ils aimeraient mieux être jetés avec les damnés que de déplaire à Dieu en la moindre chose. Aussi, Notre-Seigneur Jésus-Christ nous dit-il qu’ils ressentent une joie immense, quand un pécheur se convertit . Si donc la conversion d’un pécheur réjouit toute la cour céleste, quelle joie, M.F., pour ces ministres de paix, quand ils voient régner parmi nous cette charité qui les unit si étroitement à Dieu dans le ciel !

sermon du curé d’Ars                                                                                                                                          JesusMarie.com

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