Sainte Thérèse d’Avila

sainte Thérèse d’AvilaOn a souvent dit de sainte Thérèse d’Avila qu’elle était la plus grande sainte de l’histoire, la plus remarquable par sa vie intérieure, par son courage et par l’œuvre extraordinaire qu’elle a accomplie. Je partage cet avis.

Thérèse de Ahumada est née dans une famille d’origine juive, quatre ans avant que Luther ne rompe avec l’Église catholique et ne déclanche en 1519 ce mouvement de réforme qui a aboutit à la division et au morcellement du christianisme en Europe. L’ancien moine Luther l’a amèrement regretté. Dans une lettre à Zwingle, le Réformateur de Bâle, il a écrit vers 1530 : « Il est terrifiant de devoir reconnaître que dans le passé tout était calme et tranquille, alors qu’aujourd’hui surgissent dans tous les pays des groupes de révoltés; c’est une abomination qui fait pitié. Je dois confesser que mes doctrines ont produit de nombreux scandales. Oui, je ne puis le nier. Souvent cela m’épouvante, spécialement quand ma conscience me rappelle que j’ai détruit la situation en place de l’Église, si calme et si tranquille sous la papauté ».

Il n’est donc pas surprenant que, pour sauvegarder l’unité de son Église, le Christ ait profondément assisté des réformateurs catholiques comme Thérèse d’Avila et Jean de la Croix, Ignace de Loyola, puis Vincent de Paul et tant d’autres grands saints au XVIe siècle. Mais cela ne se fait pas sans difficultés. Jean de la Croix a dû demeurer enfermé durant deux ans, tant les carmes de son temps ne voulaient pas entendre parler de réforme. Et Thérèse d’Avila, qui a aimé l’Église passionnément, comme la mère qui l’a façonnée, qui l’a nourrie et lui a fait don de la vie chrétienne, a aussi souffert par l’Église. Lire la suite

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Pourquoi pas des femmes-prêtres ?

La question revient régulièrement dans les revendications des catholiques d’aujourd’hui. Beaucoup d’entre eux voient dans le fait que l’Eglise n’ordonne prêtres que des hommes le signe qu’elle ne s’est pas encore débarrassée de sa misogynie. Une misogynie qui était tout à fait compréhensible lorsque les femmes ne pouvaient pas voter, passer les mêmes examens que les hommes, exercer les mêmes métiers, mais qui est aujourd’hui intolérable. Comment, à une époque où une femme peut être général ou ministre des armées, l’Eglise se permet-elle de refuser aux femmes l’accès aux ministères ordonnés ?

Femme Prêtre
Bien contente de profiter des multiples services que les femmes ne cessent de rendre dans les presbytères, dans l’animation pastorale des paroisses, des écoles, des hôpitaux, des groupes de réflexion, etc., l’Eglise se prive des services qu’elles pourraient rendre au peuple chrétien si on leur confiait des charges qu’elles sont tout à fait capables d’exercer. Elles le feraient avec leur charisme propre, avec leur délicatesse et leur sagesse toutes féminines. L’Eglise anglicane a d’ailleurs franchi le pas : des femmes peuvent y devenir prêtres et même évêques. Ne pourraient-elles pas présider une assemblée eucharistique, tout comme elles président déjà une assemblée de professeurs ou dirigent une université catholique ?
Pour comprendre la réponse de l’Eglise catholique à cette interrogation, il faut se rappeler le véritable rôle que joue un évêque ou un prêtre, lorsqu’il préside une Eucharistie. Lire la suite

Notre-Dame du Rosaire

Qui n’a pas déjà vu, dans une église de village, au-dessus d’un autel latéral, un tableau de Notre-Dame et de son divin Fils remettant le rosaire à saint Dominique ? Cette représentation si commune est due à l’action privilégiée de l’Ordre des prêcheurs pour la diffusion de cette prière, l’une des plus populaires dans l’Église.

Notre-Dame du Rosaire
À l’origine du rosaire se trouve la coutume de réciter 50 ou 150 Pater suivis d’Ave dits en substitution des psaumes par les frères lais.

Saint Dominique et ses premiers fils, en fondant des Confréries de la Très Sainte Vierge, ont repris le psautier des Ave pour honorer la Vierge et appuyer leur parole contre les hérésies. Toutefois, c’est au dominicain Alain de la Roche que l’on doit l’élan décisif dans la diffusion du Psautier de Jésus et de Marie par la création de la première confrérie du rosaire, à Douai en 1470. Par cette nouvelle forme d’association, qu’il voulut à dimension universelle grâce à l’approbation du pape, il remettait en vigueur le nombre des 150 Ave et expliquait la nécessité d’y joindre la méditation des mystères de la vie de Jésus et de Marie. Qu’on juge du succès de sa première fille, la confrérie de Cologne, fondée en 1474 par Jacques Sprenger, o. p., qui, 15 ans plus tard, comptait 100 000 membres, le premier inscrit sur le registre étant l’empereur lui-même, Frédéric III. Lire la suite

Où est le roi des juifs qui vient de naître ?

Les paroles du Prophète Isaïe – adressées à la ville sainte de Jérusalem – nous appellent à nous lever, à sortir, sortir de nos fermetures, sortir de nous-mêmes, et à reconnaître la splendeur de la lumière qui illumine notre existence : « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (60,1). “Ta lumière”, c’est la gloire du Seigneur. L’Église ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière ; elle ne le doit pas. Saint Ambroise le rappelle dans une belle expression, en utilisant la lune comme métaphore de l’Église : « L’Église est véritablement comme la lune: […] elle brille non pas de sa propre lumière, mais de celle du Christ. Elle tire sa splendeur du Soleil de justice, de sorte que l’on peut dire : “Ce n’est plus moi qui vit mais le Christ qui vit en moi” » (Exameron, IV, 8, 32). Le Christ est la vraie lumière qui éclaire ; et dans la mesure où l’Église demeure ancrée en lui, dans la mesure où  l’Eglise se laisse éclairer par lui, elle parvient à éclairer la vie des personnes et des peuples. C’est pourquoi les saints Pères reconnaissaient dans l’Église le “mysterium lunae”.

Nous avons besoin de cette lumière qui vient d’en haut pour correspondre de manière cohérente à la vocation que nous avons reçue.

Annoncer l’Évangile du Christ n’est pas un choix  que nous pourrions faire parmi tant d’autres, ce n’est pas non plus une profession. Pour l’Église, être missionnaire ne signifie pas faire du prosélytisme. Pour l’Église, être missionnaire revient à exprimer sa nature même : être illuminée par Dieu et réfléchir sa lumière. C’est cela son service. Il n’y a pas d’autre voie. La mission est sa vocation : faire resplendir la lumière du Christ est son service. Combien de personnes attendent de nous cet engagement missionnaire, parce qu’elles ont besoin du Christ, elles ont besoin de connaître le visage du Père. Lire la suite

Les Saints Anges Gardiens

Ange gardienC’est une vérité de foi que les anges, tout bienheureux qu’ils sont, reçoivent une mission de Dieu auprès des hommes ; les paroles de Notre-Seigneur, l’enseignement des Docteurs et des saints, l’autorité de l’Église, ne nous permettent pas d’en douter. Si les démons, en légions innombrables, rôdent autour de nous comme des lions prêts à nous dévorer, selon la parole de saint Pierre, il est consolant pour nous de songer que Dieu nous a donné des défenseurs plus nombreux et plus puissants que les démons.

C’est au plus tard dès sa naissance que tout homme venant au monde est confié à la garde d’un esprit céleste ; les païens, les hérétiques, les pécheurs eux-mêmes, ne sont pas privés de ce bienfait de Dieu. Il est même certain que divers personnages, en raison de leur situation, comme les rois, les pontifes, ou en raison des vues spéciales de Dieu sur eux, comme nombre de saints, ont parfois plusieurs anges gardiens. Il semble indubitable que non seulement les individus, mais les sociétés et les institutions, sont confiées aussi spécialement à la garde des anges ; l’Église, les royaumes, les provinces, les diocèses, les paroisses, les familles, les ordres religieux, les communautés, ont leurs angéliques protecteurs.

Les anges nous préservent d’une foule de maux et de dangers,

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Tu me dis : Jésus, oui ! L’église, non !

Daniel AngeLaisse moi te dire : pour t’avoir déçue, pour n’avoir pas été plus transparente au visage de Jésus, pour avoir si mal vécu l’Évangile, à l’Eglise, veux-tu pardonner ? veux-tu te mettre à l’aimer comme l’aime Jésus ? Non pas malgré ses faiblesses, mais à cause   d’elle ? L’aimer comme on aime sa maman, quelles que soient ses infirmités ? Et puis la regarder là ou elle est la plus belle : ses mains toujours à panser les plaies infectées de l’humanité, en première ligne sur le front de la misère. Son coeur ouvert : la ou elle est persécutée, représentant l’ultime espace de liberté. Ses lèvres pose un baiser sur les plus mal aimés : partout ou un geste d’amour est vécu, où brille un éclat de vérité, l’Eglise est là. Car ses frontières ne coïncident pas avec les murs de nos églises. Surtout regarde la en ses saints. Ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui !          Et puis, es-tu prêt à faire que demain elle ne porte plus les rides qu’aujourd’hui  tu lui reproches ? Pour qu’elle soit la joie de ta jeunesse, et que ta jeunesse soit lumière ? Cela en devenant toi-même un saint ou une sainte ? Lire la suite

Manières erronées de prier

8. Déjà au cours des premiers siècles, s’insinuèrent dans l’Église des manières erronées de prier. Quelques textes du Nouveau Testament en font connaître les traces (cf. 1 Jn.4,3 ; 1 Tm.1,3-7 et 4,3-4). Dans la suite, on peut remarquer deux déviations fondamentales: la fausse gnose et le messalianisme, dont se sont occupés les Pères de l’Eglise. De cette expérience chrétienne primitive et de l’attitude des Pères, on peut apprendre beaucoup pour faire face à la problématique contemporaine.

Contre la déviation de la fausse gnose, les Pères affirment que la matière est créée par Dieu, et que comme telle, elle n’est pas mauvaise. Ils soutiennent en outre que la grâce, dont la source est toujours l’Esprit-Saint, n’est pas un bien propre de l’âme, mais doit être implorée de Dieu comme un don. L’illumination ou connaissance supérieure de l’Esprit (« gnose ») ne rend donc pas superflue la foi chrétienne. Enfin pour les Pères le signe authentique d’une connaissance supérieure, fruit de la prière, est toujours l’amour chrétien. Lire la suite

Quelques aspects de la méditation chrétienne

1. Chez beaucoup de chrétiens de notre temps, le désir est très vif d’apprendre à prier d’une manière authentique et approfondie, malgré les nombreuses difficultés que la culture moderne oppose à l’exigence ressentie de silence, de recueillement et de méditation. L’intérêt que des formes de méditation liées à certaines religions orientales et à leurs modes particuliers de prière ont suscité ces dernières années, même parmi les chrétiens, est un signe non négligeable de ce besoin de recueillement spirituel et de profond contact avec le mystère divin. Toutefois, face à ce phénomène, on a aussi ressenti de divers côtés la nécessité de pouvoir disposer de critères sûrs, au plan doctrinal et pastoral, qui permettent d’éduquer à la prière, dans ses multiples manifestations, tout en demeurant dans la lumière de la vérité révélée en Jésus, grâce à l’authentique tradition de l’Église.   Lire la suite

SOS pour l’Église d’aujourd’hui

Lettre personnelle au Pape Benoît XVI :
SOS pour l’Église d’aujourd’hui

Henri Boulad, s.j.

Henri Boulad

Très Saint Père,

J’ose m’adresser directement à vous, car mon cœur saigne de voir l’abîme dans lequel notre Église est en train de sombrer. Vous voudrez bien excuser ma franchise toute filiale, dictée à la fois par « la liberté des enfants de Dieu » à laquelle nous invite saint Paul, et par mon amour passionné pour l’Église. Vous voudrez bien aussi excuser le ton alarmiste de cette lettre, car je crois qu’ « il est moins cinq » et que la situation ne saurait attendre davantage. Lire la suite