Le moine est un homme qui a goûté à la joie de vivre avec Dieu.

moineTout à cette joie, il se libère de ses attaches matérielles et familiales pour partir à la suite du Christ. Ainsi il peut consacrer son attention et ses forces à vivre en compagnie du Christ, avec d’autres hommes ayant le même idéal que lui.

Pour conformer sa vie à l’image de celle du Christ, il cherche à se tourner vers Dieu avec un cœur pur, et à aimer les autres dans l’humilité et la douceur. Dans la prière, la vie fraternelle et le travail, il apprend à se libérer de ce qui le renferme sur lui-même et il accueille l’action de l’Esprit-Saint en lui.

Vie en communauté

En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères ; aussi, d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres. (1 Pierre 1,22)

En répondant à la Parole de Dieu proclamée dans l’Évangile, le moine fait le choix de l’amour. En compagnie de frères qu’il n’a pas choisis, il construit l’Église par la prière, la vie commune et le travail.
La première œuvre à construire est l’union entre tous. C’est un équilibre fragile, toujours à rechercher, dont chacun est bénéficiaire. Lire la suite

Béni sois- tu, Seigneur, de m’avoir créée.

Sainte Claire d'AssisNée dans une famille de la noblesse locale, Claire, dès son enfance, manifeste un grand amour de Dieu et des pauvres. De même que l’arbre se reconnaît à ses fruits, on peut discerner, à travers cette fille lumineuse, les vertus de la mère. Dame Ortolana, en effet, est une authentique croyante de ce Moyen- Age qui ignorait les demi- mesures. Sa foi la conduira jusqu’à Jérusalem, au mépris de tous les dangers. Elle en sera magnifiquement récompensée par Celui qui donne toujours avec largesse. Enceinte de son premier enfant, alors qu’elle prie pour demander une heureuse délivrance, elle s’entend promettre : « Ne crains rien. Tu enfanteras une lumière qui illuminera le monde entier. »

Promesse splendidement réalisée en celle dont le nom révèle à la fois le plus intime du cœur, et le rayonnement de la vocation.

Enfant déjà brûlée de l’amour de Dieu,

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Je vais vous préparer une place

Le cielVous avez entendu ce que vient de nous dire saint Luc : « Tandis qu’Il les bénissait, Il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Pour eux… ils retournèrent à Jérusalem remplis de joie ! »

Remplis de joie ! Quoi ? Le Seigneur Jésus leur est enlevé, visiblement tout au moins, et… ils sont dans la joie ? Quel paradoxe ! Jésus les quitte visiblement tout au moins et ils sont joyeux ça, alors !
Eh ! oui, ils étaient joyeux parce qu’ils l’aimaient pour de bon.

Jésus le leur avait dit, lorsqu’après la Cène il leur parlait de son départ prochain, de son retour vers le Père : « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père parce que le Père est plus grand que Moi ! » (St Jean, ch.14,v.28). Egal au Père par la même et unique nature divine qu’il possède avec Lui, le Christ lui est inférieur par sa nature humaine, mais celle-ci en ce jour d’Ascension est exaltée dans la gloire même du Père, dans la gloire divine ! Et c’est de cette exaltation du Christ, quant à sa nature humaine, que les disciples doivent se réjouir… En ce jour, la nature humaine du Christ en a définitivement fini avec la souffrance : elle entre dans la gloire et le bonheur même de Dieu. Justement parce qu’ils aiment le Christ, parce qu’ils l’aiment plus qu’eux-mêmes, les Apôtres se réjouissent de son bonheur plus qu’ils ne sont attristés de perdre, de ce fait, sa présence visible…

« La Charité, disait saint Thomas d’Aquin, c’est une amitié avec Dieu. »

Et voilà bien de quoi nous faire réfléchir !… Aimons-nous Dieu, l’aimons-nous véritablement, gratuitement ?… Ou bien est-ce nous que nous aimons en ayant l’air de l’aimer ?… N’avons-nous pas l’air de l’aimer parfois, mais parce que « ça nous rapporte » ? Certains reprochent aux chrétiens d’aimer le prochain par intérêt parce que Dieu a promis de récompenser cet amour. N’en va-t-il pas bien souvent, trop souvent, de même de notre amour du Seigneur ?… Lire la suite

Mars temps de Carême

carêmeLe Carême commence le Mercredi des cendres, et s’achève le jour de Pâques. La Semaine Sainte – dernière semaine de Carême – qui commence avec le dimanche des Rameaux, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi saint au soir et le dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Un temps de conversion

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Bienheureux les miséricordieux.

Agneau de Dieu

Le chrétien qui, du fond de lui même, sait qu’il a été sauvé, qu’il est continuellement sauvé, comment serait-il dur, méprisant pour ses frères ? Saint Bernard enseigne que la miséricorde pour autrui commence par l’expérience de sa propre misère : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. » (Jean8)

Nous n’y ferons jamais assez attention.

Peu de choses sont aussi opposées à l’esprit du Christ qu’un pharisaïsme inconscient qui se glisse si facilement partout. Le monde en est rempli : scandales pharisaïques, « indignations vertueuses », discours sur la vraie justice, la vraie religion, propos moralisateurs, etc… Aucun de de nous ne peut s’en dire totalement exempt. Tous, plus ou moins, nous avons l’impression d’avoir la vérité, le bon droit, d’être dans le bon camp, etc.. Lire la suite

Dieu nous aime Jésus en témoigne

Crucifiction de JesusContemplez les blessures du Christ pendu en croix, le sang qu’il a versé en mourant, le prix dont il vous rachète… Il a la tête inclinée pour vous donner un baiser, le cœur ouvert pour vous chérir, les bras étendus pour vous embrasser, tout le corps exposé comme prix de votre rachat. Songer à la grandeur de ces mystères, pesez-les dans la balance de votre cœur, et que soit tout entier gravé dans votre cœur Celui qui tout entier fut pour vous cloué sur la croix.                              ( Saint Augustin)

Comme mon Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés.                                             Demeurez dans mon amour.                                                             Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jn 15, 9 et 13)

j’ai l’assurance que ni la mort, ni la vie, ni anges, ni principautés, ni présent, ni avenir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus Notre Seigneur. (Romains, 8 39)

Le goût de Dieu

Le goût de DieuLa littérature parlait volontiers de « goûts spirituels » ; elle en parle encore même si ce n’est plus tout à fait la ligne du vocabulaire actuel. On ne saurait exprimer autrement et plus simplement quelque chose qui fait partie en profondeur de l’expérience chrétienne.

Ces « goûts spirituels » sont par excellence une affaire de « mystique« . Mais pas seulement de « mystiques« , ce sont des fruits de l’esprit Saint et des signes de sa présence. On ne voit pas comment on dirait mieux ou même autrement une chose à la fois expérimentée et indispensable, à savoir que la vie avec Dieu dans le Christ doit conduire à trouver Dieu et au Christ du goût, à se mettre et à se tenir en appétit de Dieu, de sa volonté, de sa présence.

Il y a là toute une série d’éléments qui s’enchaînent.

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Notre-Dame des douleurs

notre-dame-des-douleursVoyez ce qu’ajoutait à ses plaies, dans la Passion de Jésus, la compassion de sa Mère. Il la voyait, le cœur tout broyé, les mains serrées par la douleur, les yeux ruisselants de larmes, le visage crispé, la voix plaintive, mais tout le corps dressé, virile et debout auprès de son gibet. Je la devine, la tête voilée sans doute, tant sa modestie demeurait virginale, tant sa douleur passait toute mesure.

Que de gémissements dut-elle pousser, pleurant son Fils et répétant :

« Jésus, mon Fils Jésus, qui me donnera de mourir avec toi et pour toi, mon Fils, mon très doux Jésus ? » Que de fois dut-elle lever respectueusement les yeux vers ces blessures sauvages, si même elle put les en détourner un instant, ou si, du moins, à travers le flot de ses larmes, elle pouvait encore les contempler ! Lire la suite

La Croix Glorieuse du Christ

Galates 2,20 : Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi.

Ephésiens 5,2 : et suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur.

Cette charité du Christ révèle la charité même de Dieu avec laquelle elle est toujours en lien :

Romains 8,32 : Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ?

Romains 8,37 : Mais en tout cela, nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés.

En nous révélant la charité de Dieu, la Croix du Christ est aussi un exemple pour le chrétien. La méditation de la passion du Sauveur implique de la part du disciple d’entrer dans l’attitude du maître.

Ainsi, pour Saint Paul, la Croix est révélatrice du mystère de Dieu, et cette révélation a des implications quant à l’agir du disciple du Christ. En ce sens, nous pouvons dire que la croix est parole. Saint Paul affirme en effet qu’il y a un « discours de la croix : « Le discours de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. 
Dans ce verset, s’affirme une théologie de la croix dans laquelle le paradoxe est assumé : cette Croix, de symbole de la mort la plus infamante devient « puissance de Dieu ». Cependant, cela n’est vrai que  « pour ceux qui se sauvent » – c’est-à-dire pour ceux qui accueillent dans la foi le salut offert par le Christ. Si le langage de la Croix est « puissance de Dieu », c’est que la mort du Christ en croix est efficace au bénéfice de « ceux qui se sauvent ». Il convient de comprendre de quelle efficience il s’agit dans la pensée paulinienne.

L’efficience de la Croix est à comprendre à partir de celle de la Résurrection.

Le Christ Ressuscité est « le point de départ de la nouvelle création ».  S’unissant à lui par la foi, le chrétien entre dans la vie nouvelle inaugurée par la résurrection de son Seigneur.  Cependant, cette nouvelle création n’est pas un commencement absolu, elle est une rénovation d’une création blessée par le péché.

La mort du Christ comporte une efficience négative. Par elle, est détruit ce qui fait obstacle à la nouvelle création, le péché qui éloigne l’homme de Dieu. Mais, de ce fait, il y a un rapprochement entre Dieu et l’homme que la théologie appellera justification ou réconciliation. On peut donc parler d’une efficience positive, une efficience non seulement vis-à-vis de l’homme, mais aussi vis-à-vis du cosmos.

Il faut remarquer en effet que, pour Saint Paul, la portée de l’événement de la Croix ne concerne pas seulement l’homme. L’apôtre décrit la victoire de la Croix comme celle du Christ sur les « Puissances » cosmiques : « Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. »  Victoire sur les puissances cosmiques, la Croix du Christ anticipe le triomphe de parousie(1) .  « La parousie s’anticipe dans la résurrection du Christ, et la parousie et la résurrection sont déjà annoncées par la mort ; celle-ci devient ainsi une victoire. »

Sœur Anne-Claire