Dieu, le Fils de Dieu, comparaît devant les tribunaux humains !…

Jésus et PilateCette nuit, c’était devant Caïphe. Caïphe, le Chef des prêtres de l’époque, Caïphe a déchiré ses vêtements. Il a déclaré que Jésus devait mourir parce que, au risque de sa vie, devant lui, il a affirmé qu’il était le Fils de Dieu !

Là, c’était Hérode, le roi paillard qui n’avait pas hésité à faire décapiter Jean-Baptiste parce qu’il lui reprochait d’avoir volé la femme de son frère. Et ce roi, qui voulait jouer au malin, pensait pouvoir se moquer de Jésus-Christ. Et voici qu’il est gêné parce que Jésus ne dit rien ! parce que Jésus le regarde et ce regard…il ne peut le supporter… Aussi tourne-t-il Jésus en dérision :  » Passez lui la robe blanche, la robe de l’innocent du village : elle est bonne pour lui ! « …

Maintenant il est à peu près neuf heures du matin : c’est devant Pilate que Jésus comparaît. Pilate, le politique, qui est pris entre sa conscience, ce qui lui fait dire : « Mais il est innocent… je ne vois aucune raison de le condamner, qu’a-t-il donc fait de mal ? Quel mal vous a-t-il fait ?… » Pilate, dis-je, qui est pris entre sa conscience et le souci de plaire à ses supérieurs pour ne pas perdre sa place et le souci, encore, de ne pas mécontenter ce peuple en furie. Pilate qui, pour s’en sortir, va chercher le compromis : la comparaison entre Barrabas, le meurtrier, et Jésus. Jésus sera certainement gagnant et… Jésus perd ! La flagellation ! ce corps tout déchiré, tout sanglant, va sûrement apitoyer cette foule en furie et… elle ne fait qu’exciter ces fauves qui réclament de toute leur voix : « A mort ! Enlève-le, sors-le ! », car dehors, dans la foule, il y a les meneurs qui ont retourné cette foule.

Cette foule qui était la première, après les miracles de Jésus, à le proclamer « Fils de Dieu » ! si bien que le Seigneur trouvant cette déclaration prématurée devait leur demander de se taire… cette foule, elle aussi, est scandalisée comme Caïphe parce que Jésus a prétendu, au risque de sa vie, qu’il était vraiment Dieu, le Fils de Dieu !

Cette foule qui admirait les paroles du Seigneur et qui s’écriait : « Personne n’a jamais parlé comme celui là ! », elle pactise avec Hérode qui traite Jésus d’innocent, de demeuré, d’attardé !

Cette foule qui, il y a quelques semaines à peine, après la multiplication des pains, voulait porter Jésus à la royauté si bien que le Seigneur qui ne voulait pas d’une royauté temporelle, il vient de le redire encore à Pilate, avait dû se dérober à elle, cette foule, elle est scandalisée avec Pilate de ce que Jésus prétend être roi : « Nous n’avons pas d’autre roi que César ! »

 Et Jésus, et Dieu, continue à comparaître devant les tribunaux humains aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est le Monde qui le juge, c’est le Monde qui le condamne, et la foule, parfois la majorité, crie à nouveau à tue-tête : « Enlève-le, sors-le ! » C’est cela qui nous a amené ce qu’on a appelé le laïcisme. Dieu ?… Jésus-Christ ? on lui accordera de rester dans le domaine des consciences, dans la vie privée (on ne peut pas faire autrement !) mais qu’il ne paraisse pas en public ! Les affaires publiques, c’est autre chose et ces affaires-là n’ont rien à voir avec Dieu !

Justement, quand le pape a instauré cette fête du Christ Roi, c’était pour protester contre cette exclusion de Dieu et du Christ de la société. Il ne faut pas l’oublier ! Je pense que cette intention du Pape, du Chef de l’Eglise de Jésus-Christ, elle est encore de mode et de saison !

Aujourd’hui, pourquoi ce Christ l’a-t-on ainsi chassé ? « Quel mal vous a-t-il fait ? » demandait Pilate à cette foule déchaînée. Quel mal Jésus Christ a-t-il fait à la Société pour qu’on l’exclue de cette société ?…

Si l’on voulait être franc, si c’était ce souci de vérité dont Jésus parle dans cet évangile qui animait le cœur des hommes, ceux-ci seraient bien obligés de reconnaître que, tout de même, depuis que Jésus est venu, pas mal de choses ont changé, ont été améliorées dans le monde ! Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, chez les croyants comme chez les incroyants, il y a une espèce d’osmose qui s’est faite et nous vivons tout de même, malgré nos défauts, malgré toutes nos défaillances, malgré toutes nos turpitudes, nous vivons tout de même d’une civilisation qui est chrétienne. C’est peut être cela dont aujourd’hui on se rend compte et dont on ne veut plus. On ne veut plus être redevable à Jésus-Christ ! La haine de Jésus-Christ, elle voudrait aller jusqu’à faire crouler cette civilisation là pour la remplacer par quoi, Seigneur ?

 Mais pourquoi donc cette haine ?… « Quel mal vous a-t-il fait », ce Jésus-Christ ?

Heu !… Le monde arrive avec Hérode. Ce monde, qui veut jouer au suffisant, au savant… ce monde à l’esprit bouffi, condamne Jésus-Christ comme un innocent, comme un attardé !… Sa religion, le catéchisme, la messe ? c’est bon pour des gosses ! mais non pour un être arrivé à sa majorité, à l’âge adulte ! C’était bon pour l’âge de l’obscurantisme, mais pas pour celui de la science et des lumières Jésus est donc le niais, l’imbécile… celui qui ne peut pas « coller » avec un monde plein de science…. « Mettez lui la robe des innocents, des simples d’esprit ! »

Ce monde d’aujourd’hui, il vient avec Hérode condamner lui aussi Jésus-Christ parce que, lui aussi, il vit dans la turpitude… et que, pour lui aussi, Jésus-Christ est un gêneur ! un éteignoir de bonheur ! Il veut par sa morale, sa morale de pureté, nous enlever le peu de bonheur qu’ont peut avoir ici bas : alors, on a de la haine pour Lui et on le chasse…

Alors ça, c’est un peu fort !… On accepte de suivre tel ou tel tribun, tel ou tel leader politique, tel ou tel chef de parti, tel ou tel chef de syndicat, qui passent leur temps à susciter le mécontentement et la haine… Et dites-moi si dans ces conditions là, on peut seulement profiter des quelques avantages que nous ont apportés la civilisation et la technique modernes ?… Non ! il faut toujours voir ce qu’on n’a pas, être toujours mécontent ; entretenir le mécontentement, cela fait partie de la stratégie ! Regardez du reste la figure des gens, ont-ils l’air joyeux, épanouis, ont-ils l’air d’avoir gardé une âme jeune ? Non ils sont tendus, anxieux, soucieux… Et c’est « ça » la vie qu’on leur propose et on condamne Jésus-Christ à disparaître, à mourir, parce que, soi disant, il viendrait nous enlever la joie, l’épanouissement de notre être… Quel mensonge !!!

Tout dépend de ce que vous entendez par « le bonheur « . Si le monde d’aujourd’hui veut se vautrer dans la boue, il est normal qu’il ne soit pas d’accord avec Jésus-Christ ! Si les hommes veulent vivre comme des animaux, s’ils veulent s’abrutir, s’abêtir, ils ne seront pas d’accord avec Jésus Christ, c’est sûr ! Mais s’ils veulent vivre par le meilleur d’eux-mêmes, s’ils ont soif d’une justice vraie, d’une fraternité vraie, d’un amour véritablement humain et épanouissant, en un mot s’ils veulent vivre « en vérité », alors, que Jésus se présente, il sera acclamé et porté en triomphe comme au jour des Rameaux… Celui qui est pour la vérité, il est pour moi.

Jésus, aujourd’hui, est jugé par bien des prêtres, hélas qui arrivent à la suite de Caïphe et qui, eux aussi, le condamnent parce qu’Il s’est dit « Fils de Dieu ».

Voici, en effet, que certains prêtres ne veulent plus qu’Il le soit ! Pourquoi donc, Seigneur ?… Voudraient ils à nouveau, par hasard, revenir au Dieu des juifs?… Les juifs étaient certes des croyants et des croyants solides. Ils acceptaient très bien l’idée d’un Dieu, mais d’un Dieu lointain, le Dieu du ciel ! Le ciel, c’est à Lui !… mais la terre, c’est à nous !… Il y a les affaires humaines et Dieu n’a pas à « y mettre son nez » ! (Combien pensent ainsi aujourd’hui ! tous ceux qui protestent quand l’Eglise sort de la sacristie pour s’occuper de nos affaires !…) Et patatras ! voici que Dieu vient s’implanter profondément au sein des réalités humaines, voici que Dieu s’incarne dans la personne de Jésus Christ ! « Oui, tu l’as dit, Caïphe, je suis le Fils de Dieu ! » Quoi ? Dieu est devenu homme ?… Mais, si Dieu est devenu un homme, ce sont toutes les réalités humaines qui, du coup, vont être sacralisées ! Sacralisées !… Ah, ah là, là !… ça fait peur ! Il faut au contraire désacraliser et, par conséquent, il ne faut pas que Dieu vienne se mettre dans la pâte humaine, il faut l’en chasser !… C’est un grand homme, Jésus-Christ, c’est un philosophe, c’est un socialiste, c’est un révolutionnaire, tout ce que vous voudrez, mais pas Dieu ! Il serait trop près… alors que Dieu, il faut l’éloigner de plus en plus, tellement qu’on finisse par l’oublier !… Je lisais noir sur blanc il y a quelque temps dans une revue de liturgie à grand tirage un cérémonial proposé pour le Baptême où pas une seule fois il est fait mention de la divinité de Jésus… « Croyez vous en Jésus-Christ subversif ? » (sic) : c’est la question qui était posée ! C’est donc de ça que va dépendre le baptême ?! Quelle catastrophe : Jésus Christ condamné à nouveau par les prêtres parce qu’il s’est dit « le Fils de Dieu ».

Et voici que tous ces prêtres et tous ceux qui les suivent viennent grossir la foule qui se présente devant Pilate…

Jésus… Il a fait de la politique, Il a dû en faire, sinon Il serait inutile !… J’ai même entendu un prêtre dire : « l’Évangile n’est que politique » !… Et tous ces gens donnent raison à Pilate, car, si Jésus a fait de la politique, si Jésus était un révolutionnaire, il est normal que Pilate qui, de par sa fonction, avait la charge de défendre « l’ordre établi, le gouvernement en place, César » l’ait condamné puisqu’Il se serait insurgé contre César en voulant usurper son pouvoir ! Or il est frappant de constater que, de toutes les accusations portées contre lui, c’est la seule que Jésus a relevée, la seule qu’il a tenu à démentir. Quand Hérode, le paillard, l’a fait passer pour un innocent, Jésus s’est contenté de jeter sur lui un regard apitoyé et pénétrant… Il n’a rien répondu « Jésus, cependant, se taisait » dit l’Évangéliste. Quand Caïphe lui a demandé s’il se prétendait vraiment « Fils de Dieu », Jésus a acquiescé : « Tu le dis, je le suis ! » Mais là, quand on veut le faire passer pour un révolutionnaire, Jésus proteste et se donne la peine de prouver sa protestation : « Si je suis Roi, je ne le suis pas à la manière des rois de la terre, sans quoi mes partisans auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux juifs ! »… Pour Lui, ce qui compte, ce n’est pas d’arriver au pouvoir, c’est d’amener les gens à la vérité, alors ils seront ses disciples ; mais la vérité, cela ne s’impose pas par la force matérielle, par la pression politique !

Si nous ne voulons pas justifier Pilate en faisant de Jésus un politique, nous adoptons peut-être parfois cependant son attitude : le compromis !

On a sa conscience. Certes, elle proteste parfois, mais il faut bien garder sa place… et que vont dire les copains ?… que dira-t-on de moi en haut lieu ?… que va dire cette foule qui m’entoure si je ne crie pas à l’unisson ?… On est gêné. Avec Pilate, on va tenter le compromis : un petit peu à Jésus-Christ, mais… pas trop ! pas trop !… pas dans les affaires !… dans le cœur, chez soi, toutes portes closes… mais pas sur la place publique… pas dans le milieu de travail, Seigneur !… et encore moins dans le milieu des loisirs !…

Et voilà ! Jésus est condamné… Il n’a plus droit de cité…

 Quel mal vous a-t-il donc fait ?…

En cette fête du Christ Roi, allons-nous nous décider une bonne fois, à prendre parti pour Lui ? Allons-nous le choisir vraiment comme notre Roi et ce, à la face du monde ? Aurons-nous le courage, il en faut parfois de déployer notre drapeau, « d’annoncer la couleur » : oui, je suis chrétien, oui, je suis croyant, oui, je suis pratiquant ?…ou bien, ou bien… aurons-nous honte et laisserons-nous notre drapeau dans la poche ?… Certains ont l’audace de le conseiller : « Ne dites rien ! Laissez donc condamner Jésus Christ, laissez le Fils de Dieu se faire chasser, moquer, bafouer et sa religion avec !… Cela ne vous empêche pas de continuer à croire en Lui… dans notre cœur. Se déclarer pour Lui en public et d’entrée de jeu, ce serait être révoquant… » Et pourtant : « Celui qui rougira de moi devant les hommes, je rougirai de lui devant la face de mon Père. » Je regrette, c’est Lui qui l’a dit !

Qu’allons-nous donc dire devant ces jugements du monde ?

Laissons-nous emportés de temps à autre par le souffle de l’Esprit Saint pour chanter des hymnes au Christ, comme le faisaient les premiers chrétiens, comme le fait Saint Paul dans ses Épîtres. Avec eux, chantons sa seigneurie sa grandeur, sa divinité. Il est au dessus de tout, le premier né de toutes les créatures, tout a été créé par Lui, en Lui et pour Lui, en Lui a pris corps toute la plénitude de la divinité !… Proclamons-le à la face du monde qui veut le ravaler au rang des simples humains, à la face de ces prêtres qui ne peuvent plus se réclamer de son Évangile ! Cet enthousiasme pour notre Christ, il nous est indispensable !

A la face de ce monde corrompu et paillard, comme Hérode, à la face de ce monde qui veut se vautrer dans la fange, ayons le courage et le toupet de montrer que ceux qui suivent l’idéal de la pureté et de l’amour prôné par Jésus, sont plus épanouis, plus heureux. A vous surtout, les jeunes, de faire cette démonstration en vivant à bloc entre vous cet idéal-là…

A notre entourage qui voudrait se débarrasser, lui aussi, du Christ en faisant passer sa religion pour quelque chose de « dépassé », indigne de gens intelligents et cultivés, saurons nous montrer que les sectateurs de Jésus-Christ sont loin d’être des attardés, des niais ? Saurons-nous montrer comment la science vient de plus en plus lui donner raison ?… Saurons-nous justifier notre idéal et notre foi, à moins que les attaques soient si bêtes qu’elles ne méritent, de notre part, qu’un regard apitoyé… le regard de Jésus devant Hérode !

Aurons nous assez de « tonus », serons nous assez fiers de notre Christ, pour ne pas accepter de compromis, même pour conserver une bonne place, même pour ne pas nous créer d’histoires, même si nous devons nous dissocier sur tels ou tels points de nos copains ?…

Oui, le chrétien doit s’occuper de la cité, oui, il doit être à l’avant garde pour faire disparaître les injustices pour faire valoir coûte que coûte les droits des pauvres, des « laissés pour compte », pour faire respecter les valeurs humaines, pour supprimer toutes les pressions qui s’exercent dans le but de ravaler l’homme, de le détourner de sa destinée… C’est un devoir capital pour le chrétien. Pour cela il est nécessaire qu’il s’allie avec d’autres qui ont les mêmes visées que lui, il sera même le plus souvent nécessaire qu’il entre dans un parti politique ou un syndicat… mais le chrétien n’a pas le droit de se laisser emprisonner là-dedans. Il n’y a pas de parti politique qui puisse prétendre être « le » parti évangélique : ça n’existe pas ! Ce qu’il faut, c’est qu’à l’intérieur du groupe auquel il s’ est agrégé, le chrétien, lui, reste évangélique ! que le seul souci qui l’anime soit celui dont parle le Christ aujourd’hui, le souci de vérité ! Pas de compromis, pas de cotte mal taillée : c’est vrai ou c’est faux. C’est juste ou ce ne l’est pas ! Si c’est vrai, si c’est juste : je fonce. Si c’est faux, si c’est injuste : on le crie et on s’en va ! Ah ! qui nous donnera des chrétiens tranchants, sans compromis ? Il s’en rallieraient du monde ! Ils en rallieraient au Christ !

« Celui qui est pour la vérité disait Jésus à Pilate, le politique, il est pour Moi ! »

Ô Jésus ! Plus que jamais nous voulons être pour la vérité, nous voulons être pour Toi.

Sois notre ROI !

Homélie du Père Jean de Féligonde

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