« Il faut être transformée en Jésus-Christ » Sainte Elisabeth de la Trinité

ElisabethElisabeth, qui a un tel désir de rencontrer Dieu, le « Dieu tout amour », au fond de son âme, veut, du même mouvement, lui prouver son amour en faisant toujours ce qui lui plaît. Faire ce que Dieu veut, dans les petites choses de la vie quotidienne comme dans les grandes orientations de sa vocation carmélitaine ou dans les souffrances de sa dernière maladie, n’a qu’un but : s’identifier à Jésus-Christ, devenir un autre Christ.

Elle avait fait graver au dos de son crucifix de profession ce verset de saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». C’est dire combien cette phrase allait être l’idéal de sa vie de carmélite.
« Il faut être transformée en Jésus-Christ »
« Ceux que Dieu a connus dans sa pré-science, Il les a aussi destinés pour être
conformes à l’image de son divin Fils, le Crucifié par amour. Quand je serai toute
identifiée à cet exemplaire divin, toute passée en Lui et Lui et moi, alors je
remplirai ma vocation éternelle, celle pour laquelle Dieu m’a élue en Lui, celle
que je remplirai dans l’éternité, alors que, plongée au sein de la Trinité, je serai
l’incessante louange de sa gloire. »

Dans de nombreuses lettres, Elisabeth reviendra sur cette « prédestination », cette « élection ». Elle sait que mystérieusement elle a été choisie pour réaliser ce plan de Dieu sur elle : « devenir un autre Christ » et, à temps et à contre temps, elle rappellera cela à ses correspondants, prêtres et laïcs.
« Oh ! ma sœur, être Lui, voilà tout mon rêve. »
« Demandez-Lui que je ne vive plus, mais qu’Il vive en moi. Il me semble que c’est là le secret de la sainteté et c’est si simple. »
« Il a si soif de nous associer à tout ce qu’Il est, de nous transformer en Lui. »
Elle le résume dans une de ses dernière poésies, adressée à une de ses sœurs au Carmel :
« Au centre de ton âme, en un profond silence, Sous l’onction du Saint, recueille-toi souvent, Alors tu parviendras à cette ressemblance, Tu ne seras plus toi, mais le Christ seulement. »

 « Qu’Il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe »

Elisabeth m’a fait comprendre que l’Incarnation se continue aujourd’hui en chacun d’entre nous qui sommes l’Eglise qui est le Corps mystique du Christ, le Christ total qui est en train de grandir, dit saint Paul, jusqu’au jour où, ayant atteint sa stature parfaite, Il remettra toute chose à son Père. Le Verbe de Dieu s’est incarné en l’homme Jésus. Il veut s’incarner aujourd’hui dans tous les hommes. C’est cela, « l’humanité de surcroît » dont parle Elisabeth.
« Il est toujours vivant, toujours à l’œuvre dans notre âme. Laissons-nous bâtir par Lui. Qu’Il soit l’âme de notre âme, la vie de notre vie. »

Je vis par Jésus, pour Jésus. Je dois être son image, « le rayonnement de sa vie ». Mais alors, ma personnalité ?
Je ne suis jamais tant moi-même que lorsque je suis totalement Lui, lorsque je me laisse envahir par Lui.
Cela se réalise progressivement
« A tout instant a lieu la transformation. »
« Rappelle-toi toujours qu’Il te cherche et qu’Il t’aime.
Qu’Il veut te transformer en un autre lui-même.
Laisse-toi emporter sur ces monts lumineux
Où se consomme enfin l’union avec Dieu. »
« Demandez-Lui que la ressemblance avec l’image adorée soit de plus en plus parfaite. »
« Avant de mourir, je rêve d’être transformée en Jésus Crucifié et cela me donne tant de force dans la souffrance… Petite sœur, nous ne devrions pas avoir d’autre idéal sinon de nous conformer à cet idéal divin… Alors quelle ardeur nous porterait au sacrifice, au mépris de nous-mêmes, si nous avions toujours les yeux de notre cœur orientés vers Lui ! »
Une seule condition
« Il me semble que les Saints, ce sont des âmes qui s’oublient tout le temps, qui se perdent tellement en celui qu’elles aiment, sans retour sur soi, sans regard sur les créatures, qu’elles peuvent dire avec saint Paul : ‘Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi’. »
« Dépouillons-nous du vieil homme et revêtons-nous du nouveau. Cela se fait doucement et simplement en se séparant de tout ce qui n’est pas Dieu. Alors, l’âme n’a plus ni crainte ni désir. Sa volonté est entièrement perdue en celle de Dieu et comme c’est cela qui fait l’union, elle peut s’écrier : ‘Ce n’est plus
moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi’ ! »
« Voilà le chemin tracé, il ne s’agit que de se dépouiller pour le parcourir comme Dieu l’entend. O mort, dit le Seigneur, je serai ta mort, c’est-à-dire ô âme, ma fille adoptive, regarde-moi et tu te perdras de vue. Écoule-toi tout entière dans mon être, viens mourir en moi pour que je vive en toi.»

Par Marie

« Cette Mère de grâce va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, saisissante, de son premier-né, le Fils de l’Eternel, celui qui fut la parfaite louange de sa gloire. »

Dans la foi

Bien sûr, tout ceci n’est pas évident, ni pour Elisabeth et encore moins pour nous. C’est toujours dans la foi que se réalise la vie chrétienne et c’est très bon qu’Elisabeth nous ait dit ses doutes, ses difficultés et la façon dont elle les assume et les dépasse,

« à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances ».
« Si vous saviez comme au Carmel on vit de la foi, comme l’imagination et le sentiment sont exclus de nos rapports avec Dieu. »

Une strophe toute simple dans une poésie écrite à l’occasion de son premier Noël au carmel nous redit l’essentiel :
« Je ne vis plus, Il vit en moi.
Oh ! c’est déjà le face à face,
La vision que rien n’efface
A travers l’ombre de la foi. »

« Etre sauveur avec mon Maître »

Avoir l’audace de vouloir « devenir un autre Christ », c’est, pour Elisabeth de la Trinité, le seul moyen de réaliser concrètement ce que Lui a été. Nous savons que, du même mouvement, le Christ était tout entier tourné vers son Père et tout entier tourné vers les hommes.
S’identifier à Jésus, c’est, pour Elisabeth, être à la fois « louange de gloire » et « sauveur avec Jésus ». Elle veut devenir comme un miroir à deux faces qui, d’un côté, renvoie au Père l’image de son Fils bien-aimé et, de l’autre, renvoie aux hommes le salut apporté par Jésus

Sainte Elisabeth« Maison de Dieu, en moi, j’ai la prière
De Jésus-Christ, le divin adorant.
Elle m’emporte aux âmes et au Père
Puisque c’est là son double mouvement.
Etre sauveur avec mon Maître,
C’est encore ma mission.
Pour cela, je dois disparaître,
Me perdre en Lui par l’union

Elle exploite très fort cette idée dans sa correspondance avec les prêtres, et en particulier avec l’abbé Chevignard :
« Je pense qu’en son activité d’amour, le Père se penche sur votre âme ; qu’Il la travaille de sa main divine avec sa touche délicate afin que la ressemblance avec l’idéal divin aille croissant jusqu’au jour où l’Eglise vous dira : ‘Tu es prêtre pour l’éternité’ et alors tout sera en vous, pour ainsi dire, copie de Jésus-Christ et vous pourrez sans cesse le reproduire devant Lui et devant les hommes. »

A la fin de sa vie, dans le creuset de la maladie et de la souffrance, elle peut dire…
« Maintenant qu’Il s’est substitué à moi sur la croix pour que je souffre en mon corps ce qui manque à sa passion pour son corps qui est l’Eglise…
Épuise toute ma substance pour ta gloire, qu’elle se distille goutte à goutte pour ton Eglise. »
Elle nous laisse ses paroles comme un testament pour les faire nôtres, chacun dans notre situation ; elle nous montre le chemin et nous prend par la main pour le parcourir avec elle, pour Jésus, avec Jésus, en Jésus.

elisabeth-dijon.org

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