Seize religieuses carmélites condamnées à mort en juillet 1794

CarmélitesLes carmélites de Compiègne sont seize religieuses carmélites condamnées à mort en juillet 1794 par le Tribunal révolutionnaire pour motif de « fanatisme et de sédition ». Arrêtées et condamnées sous la période de la Terreur, elles avaient, deux ans auparavant, fait le vœu de donner leur vie pour « apaiser la colère de Dieu et que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l’Église et à l’État ». Leur mort paisible sur l’échafaud impressionna les foules. Elles ont été béatifiées en 1906.

En mai 1794, la ville de Compiègne était en proie aux accusations de « modérantisme ». Afin de détourner les soupçons, les autorités locales ont inventé un « complot fanatique » ayant pour auteurs les religieuses du Carmel. Un ordre de perquisition est signé le 21 juin 1794 ; il est promptement exécuté dans les maisons occupées par les religieuses.

Les seize carmélites présentes à Compiègne sont arrêtées les 22 et 23 juin 1794

Elles sont incarcérées à l’ancien couvent de la Visitation, transformé en prison. La supérieure, Mère Thérèse de Saint-Augustin, était en déplacement à Paris du 13 au 21 juin, et revient donc « juste à temps ». Quelques écrits et objets compromettants, trouvés lors de la perquisition, justifient leur arrestation.

Bien que l’apogée du mouvement déchristianisateur soit déjà passé, les ordres religieux demeurent une cible de la répression. Ainsi à Arras, le 26 juin, quatre religieuses des Filles de la Charité sont exécutées et, en juillet, ce sont trente-deux religieuses (ursulines, sacramentaires et bernardines), ainsi que trente prêtres qui sont guillotinés.

Le 12 juillet 1794, les seize carmélites sont transférées de Compiègne à la Conciergerie à Paris, où elles sont jugées le 17 juillet, pendant la période que l’historiographie désigne traditionnellement comme la « Grande Terreur ». Les carmélites, juste avant leur transfert, remettent leurs robes blanches de carmélites, et c’est en tenue de religieuses qu’elles arrivent à Paris.

Elles sont guillotinées le 17 juillet 1794, à la barrière de Vincennes, sur la place du Trône-Renversé (ancienne place du Trône, dénommée ainsi depuis 1792, actuellement place de la Nation).

Les seize religieuses, conduites par leur supérieure, Mère Thérèse de Saint-Augustin, quittent la prison vers 18 heures et prennent le chemin de la guillotine en chantant des cantiques tout au long du parcours. Vêtues de leurs manteaux blancs de religieuses, elles descendent des charrettes, puis se mettent à genoux et entonnent le Te Deum, prononcent le renouvellement de leurs vœux et chantent le Veni Creator. À 20 heures, les assistants du bourreau Charles-Henri Sanson viennent chercher la première, qui est aussi la plus jeune, sœur Constance de Jésus, une novice. Elle fait une génuflexion devant la mère supérieure pour lui demander la permission de mourir. En montant les marches de l’échafaud, elle entonne le Laudate Dominum.

Les quinze autres carmélites sont exécutées ensuite.

Sœur Marie-Henriette de la Providence, l’infirmière, est l’avant-dernière ; la mère supérieure, Mère Thérèse de Saint-Augustin, passe en dernier. Les chants des religieuses, durant leur parcours jusqu’à la guillotine, puis gravissant l’échafaud, impressionnent fortement la foule qui assiste en silence au transfert des religieuses et à leur exécution. « On ne saurait croire l’impression de respect que commandait le dévouement de ces généreuses victimes ; toutes soupiraient après le moment de leur sacrifice, toutes s’exhortaient a rester fermes et généreuses dans le dernier combat… ; elles avaient l’air d’aller à leurs noces. » (témoignage d’un employé de la prison).

Leurs corps et leurs têtes sont jetés de nuit dans l’une des deux fosses communes du cimetière de Picpus. Les dépouilles se trouvent encore dans le jardin des religieuses.

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