Ouvre la porte de ton cœur et accueille le Seigneur qui veut entrer

CrècheSi l’Église célèbre Noël, ce n’est pas pour raconter une histoire du passé ni pour narrer un conte merveilleux comme les enfants aiment les entendre. C’est pour nous inviter à vivre un événement. Cet événement, c’est celui de la venue du Christ Ressuscité qui frappe aujourd’hui à la porte de nos vies. Le Christ vivant s’offre à nous comme notre ami, comme notre compagnon de route. Il vient à notre rencontre. Il nous dit comme dans l’Apocalypse de Saint Jean : « je suis à la porte et je frappe. Chez celui qui entend ma voix et qui m’ouvre, j’entrerai et nous mangerons en tête à tête, lui avec moi et moi avec lui » (Ap. 3, 20). Plus d’une fois, Jésus a déclaré à ses disciples qu’il souhaitait demeurer dans leur vie et faire du cœur de chaque croyant sa demeure, sa maison : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole. Mon Père l’aimera. Nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jn 14, 23). La question que le Seigneur nous pose aujourd’hui, c’est « Veux-tu m’ouvrir la porte de ton cœur ? Veux-tu m’accueillir et vivre en ma présence ? Veux-tu être mon ami ? Veux-tu te mettre à l’écoute de ma parole et prendre mon Évangile comme la boussole de ta vie ? ». Le Seigneur attend notre réponse. Il n’est pas toujours évident d’ouvrir la porte au Seigneur. Cela peut être même dramatique. Regardez ce qui s’est passé, il y a deux mille ans, quand Jésus est né.

“Pour accueillir Jésus, il faut avoir un cœur de pauvre, un cœur humble et simple, un cœur d’enfant, un cœur confiant, un cœur bienveillant et miséricordieux.”
Saint Jean nous dit : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11). Jésus n’est pas venu dans un univers de rêve mais dans un monde aussi dur et violent que le nôtre. Il n’est pas né tranquillement dans une maison, celle qu’avaient préparée pour lui Marie et Joseph à Nazareth. Les événements en ont décidé autrement. L’Empereur Auguste, à Rome, a voulu recenser son empire et chacun devait rejoindre son lieu d’origine pour se faire inscrire. Marie et Joseph font partie de ces foules en déplacement. D’ailleurs, après la naissance de Jésus, ils fuiront en Égypte, comme ces hommes et ces femmes qui, aujourd’hui encore, quittent leur maison, leur pays, pour fuir la violence et le danger. Il y a tellement de monde à Bethléem, que, quand ils frapperont à la porte de la salle commune du caravansérail, on ne leur ouvrira pas. « C’est plein » leur dira-t-on. D’ailleurs, beaucoup ne voyaient pas une femme accoucher comme cela en public au milieu de tant de monde ! C’est donc dans un coin d’étable, à l’écart, au milieu des animaux que Marie va mettre au monde Jésus, son enfant nouveau-né. Quand Jésus naît, il n’y a pas beaucoup de puissants du monde qui viennent à la crèche. Nous n’y rencontrons ni Hérode, ni les grands prêtres, ni les scribes, ni les intellectuels du temps, ni les médias, dirait-on aujourd’hui. D’ailleurs plus tard, quand Jésus s’adressera à eux, ils fermeront la porte de leur cœur. Ils refuseront de l’accueillir, de l’écouter et de croire en lui. Au contraire, ils voudront le faire taire et programmeront sa mort.

Alors, qui a ouvert sa porte à Dieu quand il est venu prendre chair parmi nous ?

Qui a accueilli dans sa vie Jésus lorsqu’il naît ? C’est Marie, c’est Joseph, ce sont les bergers qui gardaient leurs troupeaux, ce sont les mages, ces étrangers qui se sont mis en route. Plus tard, ce sont des malades, des possédés, des pécheurs, des enfants qui accueilleront la parole de Jésus et lui ouvriront leur cœur. Ceci nous dit quelque chose de très important concernant l’accueil aujourd’hui dans nos vies du Seigneur qui vient.

Pour accueillir Jésus, il faut avoir un cœur de pauvre, un cœur humble et simple, un cœur d’enfant, un cœur confiant, un cœur bienveillant et miséricordieux, un cœur qui accueille ce message de paix répercuté par les anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14). Les cœurs orgueilleux, sûrs d’eux-mêmes, violents, jaloux, refusant de se réconcilier et de pardonner auront beaucoup de mal à s’ouvrir pour accueillir le Christ qui vient. Oui, convertis-toi. Ouvre la porte de ton cœur et accueille le Seigneur qui veut entrer. La joie de Noël t’habitera.

Mais me direz-vous, si nous accueillons le Seigneur qui vient, qu’allons-nous lui offrir. Les mages vont offrir de l’or, de l’encens et de la myrrhe, les bergers peut-être un agneau de leur troupeau. Dans la crèche des santons de Provence, chaque personnage a préparé un cadeau à offrir à l’enfant Jésus. Et nous, qu’allons-nous offrir ? Regardons Marie et Joseph. Ils nous donnent la réponse. Ce qu’ils offrent, c’est eux-mêmes, c’est leur propre vie. Ils en font une offrande à Dieu. C’est certainement là le plus beau cadeau que nous pouvons faire à Dieu. Cette offrande de soi-même est d’ailleurs ce que Saint Paul recommande aux chrétiens de Rome : « Je vous exhorte donc, frères, au nom de la miséricorde de Dieu, à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu : ce sera votre culte spirituel » (Rm 12.1). L’offrande de soi-même se traduit par le désir et l’engagement à vouloir faire la volonté de Dieu.

Mais tout ne se fait pas à la force du poignet. Si nous accueillons le Seigneur, il nous assiste des multiples dons de son Esprit. Regardez Marie et Joseph. C’est le Seigneur lui-même qui les transforme. Il met dans le cœur de ceux qui le reçoivent la joie, la confiance, la paix, l’espérance, le courage, la bienveillance, le sens des autres et l’amour.

Alors, ouvrons toutes grandes à Dieu les portes de notre vie.

Dans cet accueil du Seigneur qui vient, bon Noël à tous !

Cardinal Jean-Pierre Ricard
Archevêque de Bordeaux

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