Jésus nous prépare une place dans le ciel

Banquet EucharistiqueLe Seigneur nous a demandé de célébrer l’Eucharistie en souvenir de Lui et dans l’attente de sa venue dans la gloire (1 Co 11, 26) Très souvent la dernière oraison de la messe évoque le banquet céleste dont le banquet eucharistique est l’anticipation : « Renouvelés par le corps et le sang de ton Fils, nous implorons ta bonté, Seigneur : fais qu’à jamais rachetés, nous possédions dans ton Royaume ce que nous célébrons en chaque Eucharistie » (10ème semaine). « Nous t’en supplions, Dieu tout-puissant, ne permets pas que soient jamais séparés de toi ceux que tu fais communier à la joie du ciel » (34ème semaine).

La messe nous fait participer à la liturgie et à la joie du ciel

Sur l’autel Jésus s’offre à son Père en sacrifice comme Il le fait à longueur d’éternité « sur l’autel céleste », comme le dit la Prière Eucharistique N°1. M ais s’y trouvent aussi tous les anges et tous les saints qui participent à cette liturgie céleste. C’’est d’ailleurs avec eux que nous chantons en chaque Eucharistie : « Saint, saint, saint le Seigneur, Dieu de l’univers ! »

La présence de nos défunts doit nous aider à mieux adorer Dieu. Le voyant face à face ils n’ont aucune peine à l’adorer et à l’aimer de tout leur cœur : nous pouvons nous joindre à leur prière et l’offrir à Dieu pour suppléer à toutes nos distractions et à tous nos manques d’amour.Leur souvenir relance notre action de grâce, étant donné la dette de reconnaissance que nous avons à l’égard de beaucoup d’entre eux. Nous leur devons tant de choses : l’amour dont ils nous ont entourés, les services qu’ils nous ont rendus, les conseils qu’ils nous ont donnés, les exemples qui nous ont stimulés, les erreurs qu’ils nous ont fait éviter, les pardons qu’ils nous ont généreusement accordés, etc. Il n’est que juste de les en remercier et de prier pour eux et il est très bon, très bienfaisant de nous remémorer tout ce que nous leur devons : ce souvenir nous empêche de tomber dans un orgueil ridicule, car ce que nous sommes devenus, nous le leur devons en très grande partie !

Il est vrai que nous avons pu être très blessés par certains d’entre eux et peut-être n’avons-nous pas encore reçu la grâce de leur pardonner la blessure qu’ils nous ont causée. N’en soyons pas étonnés : certains pardons ne peuvent être donnés qu’à la suite d’une très grande grâce . Et elle suppose qu’on ait bien compris que, dans le ciel ou le purgatoire, nos défunts nous demandent pardon de tout le mal qu’ils nous ont fait et qu’ils nous en demanderont éternellement pardon !

Leur souvenir nous rappelle le but de notre vie. Sur terre nous sommes des pèlerins en marche vers le Royaume. Réussir sa vie, c’est réussir l’examen de passage que nous devrons tous passer à la fin de notre existence terrestre. Aussi n’est-il pas mauvais d’aller faire de temps en temps une petite visite dans un cimetière pour nous rappeler le caractère relatif de tous les succès d’ici bas : ce qui compte n’est pas forcément visible ! Les tombes les plus modestes peuvent recouvrir le corps de très grands saints ! Il y aura bien des surprises dans le paradis! Leur souvenir nous rappelle leur prière incessante d’intercession. Ils sont des milliers à intercéder pour nous et à nous attendre. C’est toujours en communion avec l’Eglise du ciel que nous participons à une Eucharistie. Ils sont là, autour de nos autels, comme ils le sont autour de l’autel céleste, pour s’unir au Sacrifice que le Seigneur Jésus offre à son Père. Ils sont vraiment heureux de prier pour nous – et leur prière est efficace !

Leur souvenir nous fait penser aussi à la joie avec laquelle ils attendent notre venue. Comme le disait le curé d’Ars, « quand l’âme d’un chrétien entre en Paradis, elle augmente la joie du ciel ! » Imaginons la fête qu’ils nous feront lorsque nous les rejoindrons: « Te voilà, petit Pierre, me chanteront-il. Nous t’attendions ! » C’est évidemment mal dit, puisque le temps n’existe plus pour  eux. Ils jouissent déjà de notre présence, ils contemplent même dans leur vision céleste notre cœur complètement converti, transfiguré et ils en remercient Dieu dans le Magnificat qu’ils ne cessent de chanter avec tous les anges et tous les saints du ciel.

L’exemple des saints nous stimule. Parmi les défunts il y a ceux et celles dont la saintetéhéroïque a été proclamée solennellement par l’Eglise dans une béatification ou une canonisation. Et la liturgie eucharistique leur accorde une grande place, puisque la messe est souvent célébrée « en leur honneur ». Leur exemple est en effet d’un grand secours pour nous stimuler dans la pratique des vertus évangéliques. Le curé d’Ars lisait tous les jours une ou plusieurs pages d’une Vie des saints en deux tomes : c’était sa lecture préférée. Et combien de saints ont été eux mêmes bouleversés par la lecture de la vie d’un autre saint ! Thérèse Martin a désiré très jeune devenir une grande sainte « comme Jeanne d’Arc« , dont le culte venait d’être relancé par l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup. Edith Stein s’est définitivement convertie après avoir lu durant toute une nuit l’autobiographie de Thérèse d’Avila. Le petit Van a été émerveillé par la lecture des toutes premières pages de l’Histoire d’une âme.

L’héroïsme des martyrs nous montre que le Seigneur est capable de donner du courage à des êtres naturellement faibles et fragiles… comme nous ! L’habitude qu’ont prise les saints de lire la Parole de Dieu nous invite à nous plonger nous aussi dans la lecture des Écritures pour y puiser une connaissance savoureuse de Dieu qui nous donnera envie de L’aimer de tout notre cœur et de Le faire connaître. La conversion d’un Père de Foucauld nous rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et que nous ne devons jamais désespérer du salut des plus grands pécheurs qui nous entourent. Comme le disait encore le curé d’Ars, « les saints n’ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini. »

La messe nous fait prier pour les âmes du purgatoire

Dès ses origines, la liturgie eucharistique a comporté une prière d’intercession en faveur des défunts. S’appuyant sur l’exemple donné par le livre de Maccabées qui parle d’un sacrifice offert pour des soldats tombés dans la bataille (2 Mc 12, 40), les chrétiens ont toujours cru eux aussi qu’ils devaient prier pour les défunts afin qu’ils reçoivent la grâce d’être plus vite purifiés. La croyance au purgatoire ne date pas du Moyen-âge. S’il est vrai que le mot « purgatoire » n’est apparu qu’au XIIème siècle, l’adjectif « purgatorius » est beaucoup plus ancien. Saint Augustin l’emploie souvent. Vatican II rappelle clairement le dogme du purgatoire : Dans l’attente de la venue glorieuse du Seigneur, « certains de ses disciples sont en pèlerinage sur terre, d’autres sont purifiés après leur mort, d’autres déjà glorifiés contemplent tel qu’il est le Dieu en trois personnes. » ( Lumen gentium, ch.7, §49)

Dans le purgatoire les âmes apprennent à se détacher de toutes leurs idoles pour ne plus s’attacher qu’à Dieu. Sainte Catherine de Gênes (+1510) a bien compris qu’elles sont les premières à réclamer le feu qui les fait souffrir : elles se rendent parfaitement compte qu’elles ont besoin d’être épurées comme l’or au creuset pour pouvoir aimer Dieu de tout leur cœur et jouir de sa présence. L’âme du purgatoire est comme la fiancée qui se pare pour son époux, attend avec impatience sa venue et accepte ce retard dans la certitude de devenir ainsi plus belle à ses yeux et plus apte à jouir pleinement de son étreinte. Il arrive que des chrétiens fervents reçoivent la vision d’âmes qui sont encore au purgatoire et qui réclament que l’on prie pour leur libération. La bienheureuse Anne-Marie Taïgi (+1837), mère de famille nombreuse, se rendait souvent au cimetière (parfois 40 jours de suite) et y priait sur les tombes, tout spécialement sur celle des prêtres. Elle vit par exemple un prêtre qui avait été très estimé pour la qualité de ses homélies et pour son zèle apostolique, mais qui souffrait dans le purgatoire parce que, dans sa prédication, il se préoccupait trop de lui-même. Elle vit une amie qui se trouvait au purgatoire pour n’avoir pas gardé le secret sur les grâces qu’elle avait reçues.

Le 1er août 1900, Jésus demande à sainte Gemma Galgani de prier et d’offrir ses souffrances pour une religieuse qui souffrait beaucoup au purgatoire. Le 6 août, son ange gardien la relance :« Mère Maria Teresa souffre toujours ». Dans la nuit du 18 au 19 août, elle la voit arriver, vêtue en passioniste, accompagnée de son ange gardien et de Jésus. Elle s’approche d’elle, tout heureuse, et lui dit qu’elle s’en va jouir de Jésus éternellement.

Le curé d’Ars priait beaucoup pour elles : « Je souffre la nuit, disait-il, pour les âmes du purgatoire et le jour pour la conversion des pécheurs. Mais il croyait aussi beaucoup à l’efficacité de leur prière. « Si l’on savait quelle puissance ont sur le cœur de Dieu ces bonnes âmes du purgatoire et si l’on savait quelles grâces on peut obtenir par leur intercession, elles ne seraient pas si oubliées ! Il faut prier beaucoup pour elles, afin qu’elles prient beaucoup pour nous. »

La messe nous fait désirer la joie du ciel

En vivant nos Eucharisties en communion avec les saints et les anges du ciel, nous sommes normalement amenés à désirer davantage les rejoindre pour participer pleinement à leur bonheur Jésus évoque d’ailleurs souvent la joie du ciel en parlant d’un banquet où tous les invités seront heureux de faire la fête ensemble. Ce désir plus vif du ciel devrait être le fruit de toutes les messes auxquelles nous participons. Mais comment nous représenter cette joie du ciel ? Nous ne pourrons plus pécher !

Des chrétiens attendent avec impatience leur entrée dans le ciel à cause de cela. Dans le ciel, nous serons tous immaculés ; nous ne l’aurons pas été, comme Marie, dès le premier moment de notre conception, mais nous serons tous « nickel », sans tâche aucune. Il n’y aura plus une seule graine de violence dans notre cœur, plus aucune envie d’être méchant. Nous chanterons éternellement la Miséricorde de Dieu.

Nos péchés eux-mêmes chanteront la gloire de Dieu, car nous verrons la joie avec laquelle Dieu nous les aura pardonnés. Nous verrons tout ce que Dieu aura mis sur nos chemins pour nous ramener à Lui. Toutes nos lenteurs à nous convertir, tous nos retards nous apparaîtront auréolés de l’Immense Patience de Dieu. Nous n’en finirons pas de chanter : « Fallait-il que Tu nous aimes, Seigneur, pour nous supporter avec tant de patience ! »

La jalousie n’attristera plus personne. Tout le monde se réjouira du bonheur de chacun. Nous passerons notre éternité à nous admirer les uns les autres, car nous verrons en chacun de nos frères, en chacune de nos sœurs, quelque chose d’unique et d’admirable. Nous verrons sans aucune jalousie de grands pécheurs nous précéder dans le Royaume des cieux, car ils chanteront encore mieux que nous la miséricorde du Père.

Des personnes que nous ne connaissions pas sur terre viendront nous dire « merci » de les avoir aidés à réussir leur vie. Des célibataires et des couples stériles qui auront beaucoup souffert sur terre de ne pas avoir d’enfants seront tout étonnés de se retrouver entourés d’une multitude d’enfants qui leur diront : « Papa, Maman ! C’est grâce au sourire que vous avez conservé au milieu de vos épreuves et de votre apparente stérilité que nous sommes ici ! C’est grâce à vous que nos parents ont pu si bien nous élever ! Soyez bénis d’avoir été à votre insu père et mère de famille nombreuse ! »

JésusNous verrons le Visage lumineux de Jésus et nous tomberons dans ses bras. Nous la contemplerons enfin, la Face adorable de Jésus. Nous verrons à travers le sourire qu’Il posera sur chacun de nous de quel amour éternel Il nous aimait et nous n’en finirons pas de lui demander pardon de ne pas y avoir suffisamment cru sur terre. Nous tomberons définitivement dans ses bras. « La mort n’est pas une porte qui se ferme, ce sont des bras qui s’ouvrent. » (Gilbert Cesbron)

 

Nous verrons Dieu

La beauté du monde, la beauté d’un coucher de soleil sur l’océan ou la splendeur d’un lever de soleil sur les Alpes, la beauté des fleurs ou des visages humains, nous la verrons à sa Source, dans la Beauté fantastique de Dieu lui-même ! Et nous en serons éblouis !

Nous comprendrons aussi à quel point Dieu est bon et nous ne serons plus tentés de L’accuser d’avoir permis un tel déferlement de malheurs sur le monde, car nous verrons avec quelle sagesse IL aura gouverné toutes choses.

La messe nous fait vivre quelque chose de la joie du ciel

Lorsque nous tenons dans le creux de la main le Corps de Jésus ressuscité, nous portons Celui qui est entré pour toujours dans la gloire du Père : Il jubile ! Et Il nous demande de nous laisser envahir par la joie qu’Il vient nous apporter dès cette vie. Il l’a dit à ses disciples : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11) Cette joie s’enracine dans un certain nombre de convictions qui habitent notre esprit et que nous nous obligeons à ruminer pour qu’elles finissent par imprégner toute notre vie. D’ailleurs la première et la dernière béatitude de l’Evangile proclament ce lien entre la joie et la foi : « Heureuse, toi qui as cru« , dit Elisabeth à Marie ; « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu« , dit Jésus à Thomas.

C’est une joie compatible avec toutes les tristesses et déceptions de l’existence. C’est pourquoi la Tradition chrétienne la présente comme une « sobria ebrietas », une sobre ivresse. L’Esprit saint ne nous rend pas forcément hilares, même si les moines ont souvent aimé prendre le prénom d’Hilaire pour manifester leur désir de vivre la joie de l’Evangile que saint Paul nous recommande si souvent : « Soyez toujours joyeux dans le Seigneur ; je le répète : soyez joyeux. » (Ph 4, 4)

La consécration du pain et du vin annonce la transfiguration finale du cosmos Jésus est heureux de nous rappeler qu’un jour Il essuiera toute larme de nos yeux, lorsque la terre aura terminé son travail d’enfantement, que le mal sera définitivement vaincu, que tous les travaux auxquels nous aurons collaboré sur cette terre recevront leur récompense définitive et que nous verrons même les bienfaits résultant des échecs que nous y aurons connus. Quand nous sommes étonnés de la consécration, de la transformation profonde qui se réalise chaque jour en des quintaux de pain et des hectolitres de vin, pensons que cette mystérieuse transsubstantiation n’est qu’un prélude, une anticipation de ce qui se passera à la fin des temps, lorsque le Seigneur renouvellera le cosmos tout entier pour en faire le Royaume des cieux.

Père Pierre Descouvemont

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2 commentaires sur « Jésus nous prépare une place dans le ciel »

  1. Bonsoir encore un très bel article qui traite du purgatoire dont j’ai tendance à l’oublier, avoir la grâce de pouvoir pardonner à ceux qui nous ont fait du mal de leur vivant, et bien je n’en suis pas encore là pour une certaine personne, cela me rend amère et je n’aime pas ça!!!! tu vas me dire que tu n’as qu’à pardonner et tout sera bien, mais….. il faut être deux et je ne suis pas sûre du tout que la personne se soit rendu vraiment compte de la peine qu’elle m’a fait…. je te souhaite une bonne soirée et merci pour ce beau billet. Bisous MTH

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