Aplanir la route abaisser les collines.

Un gamin joufflu, blondinet, caressant un petit agneau

Voilà comment au temps de la Renaissance on présentait Jean Baptiste le précurseur du Seigneur, Jean Baptiste, cet ermite, ce prophète, cet ascète vêtu comme le dit l’Evangile d’un manteau rugueux en poils de chameau qui se nourrissait de miel sauvage et des grosses sauterelles que l’on trouve facilement en Palestine, Jean Baptiste, cet homme énergique, inflexible qui était d’après Jésus lui-même tout le contraire du roseau qui s’incline à droite ou à gauche suivant le côté où le vent souffle, Jean Baptiste, cet homme solide, cet homme d’acier qui proclamait dans le désert :  » Convertissez-vous, retournez votre veste, préparez le chemin du Seigneur, préparez son retour, il est grand temps car la cognée est déjà à la racine de l’arbre ! « .

Aujourd’hui, demandons-nous comment nous pouvons accélérer ce retour du printemps, car il est urgent que le Christ revienne dans notre monde, je dirais même qu’il est urgent que le Christ, le Christ authentique revienne dans son Eglise en France qui l’a trop souvent mal caricaturé lui aussi…

Que faut-il faire pour cela ?

bulldozer

Chaque année, l’Eglise nous invite pendant l’Avent à écouter les conseils, les recommandations de Jean Baptiste pour préparer la voie au Seigneur. Que nous dit-il ? Il nous dit d’abord qu’il faut aplanir la voie, abaisser les collines, raboter les mottes.

 

Trop souvent il est bien vrai les chrétiens se sont tus devant les terribles injustices, trop souvent même hélas ! de soi-disant chrétiens s’en sont faits les complices ! Trop souvent de soi disant chrétiens nous l’avons dit il n’y a longtemps ont caché leurs turpitudes et leurs exactions sous le couvert de leur pratique religieuse telle ces Pharisiens que Jésus a déclarés doublement condamnables parce que tout en disant de longues prières ils exploitaient la pauvre veuve et l’orphelin (St Marc ch.12 v.40).

Trop souvent hélas ! contre la volonté expresse du Christ certains ont voulu imposer la religion, imposer la foi en recourant à la force.

Comment abaisser cette montagne, comment supprimer cet obstacle sur lequel buttent tant d’âmes ?

Il faut tout d’abord reconnaître, confesser humblement ces torts, les nôtres et ceux de notre Eglise. Le Concile, le Pape l’ont fait pour ce qui est de l’ensemble de l’Eglise. A nous aussi d’avoir cette loyale. Mais cette confession ne suffit pas, il faut les déplorer, les déplorer sincèrement. Et qu’est ce qui peut montrer la sincérité de cette réprobation, de ce regret ? Les efforts que nous ferons pour nous corriger, pour réparer ces fautes pour revenir à l’authenticité évangélique. A l’échelon de l’Eglise, c’était le but que Jean XXIII avait assigné au Concile. Il comptait sur ce Concile pour que l’Eglise se purifie, pour qu’elle revienne à une authenticité évangélique telle que tout le monde aurait envie d’y venir… Il l’a dit expressément et on l’a hélas trop oublié dans la façon dont on a appliqué ce Concile… Prions pour que tous les chrétiens et la hiérarchie interprète le Concile d’après ce but qui lui fut explicitement assigné…

Si nous devons confesser nos torts et montrer par les efforts que nous faisons pour nous en corriger à quel point nous les déplorons, il ne faut pas pour autant que nous creusions des fondrières en faisant à l’opposé, un complexe d’infériorité ou de culpabilité… pas plus qu’un complexe de fausse humilité… Car cela aussi peut retarder le retour du Christ.  » Comblez les vallées, dit Jean Baptiste, bouchez les trous, les nids de poule sur la route..  » Pour qu’elle soit bien plane, il nous suffira d’être vrais !

Oui, notre Eglise, elle a eu, elle a encore, elle aura toujours, parce que composée d’êtres humains faillibles, ses défauts, ses défaillances. Son idéal souvent a été trahi par tels ou tels de ses fils… Nous le reconnaissons, nous le déplorons. Mais pour être dans le vrai, faisons reconnaître aussi par nos opposants qu’il n’est pas de famille humaine, qu’il n’est pas de groupement humain qui n’ait eu aussi, leurs défaillance… Pour être dans le vrai, faisons reconnaître à nos opposants qu’à la différence de bien de ces groupements qui entérinent, qui acceptent dans leur théorie même ses façons d’agir répréhensibles, du moment qu’elles servent la cause, le but de ces groupes, pour l’Eglise catholique, les défaillances de ses membres seront toujours en contradiction avec sa doctrine avec son idéal qui dès lors ne peut en être responsable ni en être altéré…

Dans la conjoncture actuelle, il est encore une autre façon de créer la fondrière d’une fausse humilité, d’une fausse pudeur qui risque de retarder l’avènement du Seigneur. Sous prétexte de ne pas faire de triomphalisme à en croire certains aujourd’hui il ne faudrait pas qu’extérieurement, que publiquement l’Eglise se manifeste.

Aujourd’hui, sous prétexte de ne pas faire de triomphalisme, on voudrait que cette Eglise se cache, qu’elle se terre comme au temps des catacombes, que toutes ses manifestations extérieures disparaissent : plus d’églises aux clochers prétentieux…plus de sonneries de cloches…plus de processions alors que d’autres ne se font pas faute de multipliés les défilés dans lesquels les banderoles et les pancartes remplacent les bannières et les slogans scandée les litanies!… Plus d’habit de communion plus d’habit ecclésiastique ni religieux bref plus aucun de ces signes religieux qui rappelaient bien des souvenirs salutaires à cette immense majorité de Français baptisés. Rien qui puisse rappeler aux hommes de notre temps l’existence du Créateur et ses droits à notre pensée et à notre amour ! On dirait que Dieu, que le Christ n’ont plus droit de cité dans une civilisation qui pourtant leur doit tout ce qu’elle a de meilleur ! Qui pourrait nier que cet absentéisme, ce mutisme, cet effacement ne contribue pas à faire oublier Dieu?…

Voilà pourquoi quiconque souhaite que le Christ revienne, que Dieu revienne, ne peut accepter ce mutisme. Pour préparer la voie au Messie, au Sauveur, il faut, nous dit Jean Baptiste que non seulement on aplanisse les collines mais il faut aussi combler les vallées, boucher les trous !

Pourquoi alors que tous les autres ne se gênent pas pour manifester leurs idées serions-nous les seuls à ne pas avoir ce droit ?

Serait-ce faire pression sur les consciences et sur la liberté de pensée que de poser question aux gens, que de les inciter à réfléchir en manifestant notre existence ?

Au demeurant comment voulez-vous que l’on se rallie à l’Eglise si on ne la voit pas ? Comment voulez-vous que l’on se rallie au Christianisme si les chrétiens se cache comme s’ils avaient honte : on ne se ralliera jamais à un groupe dont les adeptes ont l’air d’être honteux… !

Et pourquoi donc, du reste, aurions-nous honte ?

Aurions-nous à rougir par hasard de suivre Jésus Christ alors qu’aujourd’hui tout le monde le reconnaît tout au moins comme quelqu’un d’extraordinaire ?

Aurions nous honte par hasard de notre idéal ?

Pourquoi éprouverions-nous une mauvaise pudeur à proclamer autour de nous tout ce que notre civilisation actuelle doit à Jésus Christ, doit à l’Eglise, doit aux chrétiens dans ce qu’elle a de meilleur ? Je pense que si on enlevait de notre civilisation tout ce qui vient de Jésus-Christ, tout ce qui vient de la foi en Jésus-Christ, tout ce qui vient des siècles chrétiens, on retournerait bel et bien à une véritable barbarie… On a voulu du reste l’essayer, et, comme je le disais dimanche dernier, on commence à s’apercevoir que c’est irrespirable, et qu’on est encore plus malheureux et que dont ce n’était pas dans cette voie-là qu’il fallait chercher le salut et c’est pour cela peut être que l’on commence un peu à se ressaisir !

Si dans le contexte actuel nous n’osons pas parfois nous affirmer, nous présenter nous-mêmes comme chrétiens c’est bien souvent, je pense, parce que nous avons peur que l’on nous oppose les défaillances de notre Eglise au cours des âges… Nous avons vu comment répondre à cette objection … en nous plaçant aussi bien nous-mêmes que notre objectant dans le vrai…

Mais bien souvent aussi je pense, si nous n’osons pas nous affirmer c’est parce que nous avons peur de ne pas savoir justifier notre foi. Cela aussi c’est un  » trou  » qui peut retarder l’avènement du Seigneur. Ce trou là aussi il nous faut le combler en approfondissant notre religion en asseyant notre foi sur des bases solides.

Si nous ne sommes pas fiers de notre groupe si nous n’en parlons pas avec enthousiasme, qui donc aura envie d’y venir ? Soyons donc fiers mes frères, de notre Chef, fiers de notre idéal, fiers du travail accompli au nom et par amour du Christ par l’Eglise de Dieu. Ses défaillances ne doivent pas nous faire oublier tout ce qu’elle a apporté de positif dans le monde et cela à cause de sa doctrine même et de son idéal.

Soyons fiers de notre promotion d’enfants de Dieu.

Ecoutez à ce propos ce que disait Saint Pierre aux premiers chrétiens :  » Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis pour annoncer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui jadis n’étiez pas un Peuple mais qui désormais êtes le Peuple de Dieu !  » (1ère Epître de St Pierre ch.2 v.9-11). Ah ! il n avait certes pas peur le brave Pierre de donner à ses ouailles un complexe triomphaliste !

Pour préparer le chemin du Seigneur il faut encore nous dit Jean Baptiste  » redresser les chemins tortueux. « .

Ce conseil nous était encore répété tout à l’heure par St Paul qui demandait que l’on vive en toute droiture.

Nous l’avons vu, Jésus, parlant de Jean Baptiste, disait à ceux qui l’entouraient :  » Ce n’est pas un roseau agité par le vent qui s infléchir à droite ou à gauche suivant le côté où le vent souffle !  »

Est ce que nous, chrétiens, nous avons à nous mettre dans le vent ? Serions nous des  » girouettes  » ? On serait parfois tenté de nous le reprocher en voyant toutes les adaptations que certains novateurs ont voulu faire de la doctrine et de la morale chrétiennes pour les mettre au goût du jour pour les rendre soi-disant plus assimilables par le monde d’aujourd’hui…des adaptations qui vont parfois jusqu’à des trahisons pures et simples … qui scandalisent les gens même ces gens éloignés que l’on voudrait attirer par là. Non, ces gens ne peuvent admettre que ce qui était défendu hier soit permis aujourd’hui, que ce qui était enseigné comme vrai hier ne le soit plus aujourd’hui…

Est ce que nous, chrétiens, nous avons à nous mettre dans le vent ? Est ce que nous avons à nous infléchir à droite ou à gauche ? Faut-il parce que pendant longtemps l’Eglise était peut être trop inféodée à droite, faut-il que maintenant elle soit inféodée à gauche ? NON ! Ce qui doit faire notre netteté, ce qui doit faire notre droiture, ce qui portera témoignage, ce qui attirera les âmes c’est la vérité et la vérité c’est Jésus-Christ, c’est son Evangile tout cru.

Voilà ce que nous devons prêcher. mes frères. Qu’a dit Jésus-Christ ? Que veut Jésus-Christ ? Il n y a que Lui qui peut être le Sauveur ! et ce n’est pas en mettant de la sauce humaine dans l’Evangile qu’on le rendra plus attrayant : cela donnera un Évangile fade qui entraînera la nausée.. Une morale dans le vent n’apportera rien du tout si ce n est qu’accentuer la dégringolade, le plongeon dans la boue ! Ce n’est pas cela le salut ! Tandis que si l’Évangile garde sa force, sa virulence alors les âmes généreuses se regrouperont se catalyseront et l’on pourra voir le salut qui vient de Dieu.

Si nous voulons être des précurseurs d’un nouvel avènement du Christ en notre monde et je pense que nous devons tous le vouloir si nous l’aimons, ne nous calquons pas sur la fausse image de Jean Baptiste en étant doucereux, onctueux, des bénis oui-oui qui acceptent tout, qui encaissent tout, qui ne font que se frapper la poitrine, qui ont tendance à tout minimiser… :  » Ce n’est pas si mal, ce n’est pas dramatique ! « … Non ! cette attitude-là n’est pas chrétienne, cette attitude-là ne peut conduire les gens à Jésus-Christ, elle ne peut faire de nous ses précurseurs… Et puisque nous voulons l’être, imitons le vrai précurseur. Il est humble certes ! et avec lui à son invite confessons nos fautes, les entorses faites par les uns ou les autres à la doctrine, à l’idéal de notre Eglise… mais soyons aussi des gens énergiques qui n’ont pas peur, comme le fit le Baptiste, de nous présenter tels que nous sommes, et de dire la vérité sans ambages ni compromis…

Père Jean de Féligonde.

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Un commentaire sur « Aplanir la route abaisser les collines. »

  1. Bonsoir Jean-Pierre, un très bel article, oui soyons fiers de notre Foi, et laissons de côté les brebis galeuses, les faux chrétiens, je dois reconnaître que je défends mes idées avec parfois trop de « flamme » de conviction, en essayons de convaincre, alors que tu as raison ce n’est par la force que l’on s’impose mais l’exemple d’une vie conforme à ,ce que nous demande Dieu, mais arrêtons de baisser la tête, ne prenons pas l’air coupable quand quelqu’un vous dit avec un petit air goguenard » tiens vous êtes catho? » là j’avoue que je me retiens , j’ai envie de hurler. Tu vois je suis loin encore de « la sainteté » mais je fais des efforts pour parvenir à mettre en pratique les commandements, et avec l’aide de Dieu j’y parviendrais. Bonne soirée MTH

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