Saint Martin de Porrès l’incarnation de la charité

Martin de PorrèsMartin de Porrès est né à Lima, au Pérou. Sa mère, une femme noire, s’appelait Anna.
Martin lui ressemblait, ayant aussi la peau noire. Son père, au début, ne veut pas le
reconnaître. C’est un noble espagnol qui va devenir un jour gouverneur du Panama et qui acceptera finalement de reconnaître son formidable fils mulâtre.

Martin entreprend tout jeune de devenir barbier ou, comme on dit aujourd’hui, coiffeur.
Ce métier se pratique en même temps que celui de chirurgien et de vague médecin. On lui reconnaît rapidement du talent. Or à l’âge de quinze ans, il quitte tout cela pour d’entrer chez les dominicains. Comme il ne cherche rien d’autre que d’être le dernier des derniers religieux, il choisit de devenir un simple oblat ou donné, c’est-à-dire un frère qui balaie les plancher et qui effectue s’occupe les tâches les plus humbles comme celle de nettoyer les salles de toilettes.
D’ailleurs, ce saint est souvent représenté tenant un balai.

Ses connaissances médicales, acquises avant l’âge de 15 ans, sont quand même assez
remarquables pour que les autorités du couvent lui confient la responsabilité de l’infirmerie. Le  frère Martin de Porrès soigne les malades au moyen d’herbes et de remèdes qu’il rassemble lui même.
Sa réputation de guérisseur va se répandre au-delà des murs de son monastère et l’on ne
tarde pas à parler de ses dons de thaumaturge, comme le bienheureux Frère André, c’est-à-dire de guérisseur qui prie. Il peut même porter un diagnostic sans se tromper.

C’est alors qu’il se met à guérir des gens dans la rue, des blessés, partout où il les
trouve. Comme Mère Teresa et autrefois saint Vincent de Paul et tant d’autres saints, il est attiré par les sans-logis, par les abandonnés, les gens délaissés et oubliés. Il est bien connu qu’une majorité de saints vivent au quotidien ce que Jésus déclare dans les évangiles : «Ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait!». Saint Martin de Porrès, dont le cœur est vibrant de charité, se permet de transporter des pauvres au couvent et même dans sa cellule, en les couchant dans son propre lit! Évidemment, le prieur lui demande de cesser cela. Mais le frère Martin ne peut s’empêcher de continuer à veiller sur les malades, jusqu’à les porter dans sa cellule. Cette fois, on se montre sévère à son égard. Alors, ce à quoi saint Martin de Porrès répond doucement: «Pardonnez-moi. Pardonnez mon erreur et, surtout, soyez assez gentils pour m’expliquer ce qu’il faut que je fasse. Oui, excusez-moi, mais j’ignorais que le voeu d’obéissance avait préséance sur le précepte de la charité.»

Au lieu de sévir contre le frère Martin, les dominicains se ressaisissent.

Ils ont compris que le frère Martin est sous l’emprise de l’Esprit Saint, et dorénavant, à partir de ce moment, on lui accorde la permission de faire tout ce que sa conscience lui dicte. On constate qu’il jouit de grâces étonnantes. Ce n’est pas la seule fois que la simplicité spirituelle de Martin de Porrès met les supérieurs très mal à l’aise. En effet, un jour, alors que le couvent est au bord de la faillite, il s’offre lui-même pour être vendu comme esclave. Le prieur en est ému aux larmes: «Allez, frère Martin, retournez au monastère. Vous ne serez jamais à vendre.» C’est Dom Butler, ce grand bénédictin anglais, qui disait, il y a un siècle, que la présence d’un seul saint dans un monastère pouvait non seulement transformer une communauté mais aussi justifier son existence dans le Corps mystique du Christ qu’est l’Église.

Saint Martin de Porrès devient donc à Lima l’incarnation de la charité, surtout à l’égard
des plus méprisés. Il y a à Lima des malades réduits à mourir dans la rue, des pauvres incapables de travailler et de se suffire à eux-mêmes, et aussi des Amérindiens négligés et oubliés. Comme le frère Martin est noir lui-même, il a un faible pour les esclaves africains. Il leur apporte à boire et à manger. Il lui arrive souvent d’en guérir. Un homme de grand coeur comme lui ne peut pas ignorer les animaux maltraités ou qui sont abandonnés. Il s’en occupe donc avec un dévouement qui surprend la plupart des gens. On remarque qu’il les aime au point de communiquer avec eux.

Un jour, le couvent est infesté par des centaines de souris. Presque tout le monde connaît
cette histoire très sympathique. Le frère Martin attrape une souris et lui demande bien gentiment de conduire ses amies dans le jardin, en dehors du couvent. Il lui promet de faire en sorte qu’elles y trouvent ce qu’elles désirent. Il s’engage à les nourrir. Aussitôt dit, aussitôt fait, toutes les souris se retrouvent dans le jardin et le frère Martin leur apporte de la nourriture. L’histoire ne dit pas si ces fameuses souris se sont aussi rapidement multipliées qu’elles en ont l’habitude! On ajoute même à cette charmante histoire qu’un bon jour, un moine voit dans la cuisine un chien, un chat et une souris qui mangent ensemble dans un même bol que leur a servi le frère Martin…
Ce saint répand la paix. Et si c’était vrai? Qui sait?

Reconnu par tout le monde de Lima comme un des grands amis de Dieu, il est demeuré
tout à fait humble. Sa piété profonde et son intense charité touchent le cœur des gens de toutes les conditions sociales. On parle même de miracles, de clairvoyance et du pouvoir de passer à travers les portes closes et de se rendre invisible. On ajoute même qu’il jouit comme saint Charles Borromée et le Père Pio, du privilège de bilocation. On l’aurait aperçu en Chine, à Mexico et en Afrique du Nord. Est-ce vrai? Peu importe.

Sa sainteté est manifeste.

C’est ce qui compte. Son ascétisme est véritable, ne mangeant
guère que du pain et ne buvant que de l’eau. Il dormait par terre. Mais il y ajoute de vigoureuses flagellations comme on le faisait parfois à l’époque, ce qui lui entraîne tout de même des remarques plutôt désobligeantes des moines. Il se contente de répondre qu’il fait cela pour lutter à sa façon cotre l‘immense péché de l’esclavage, contre celui aussi du mépris des pauvres et des Amérindiens. Il ne comprend pas qu’une civilisation prétendument chrétienne puisse tolérer de telles horreurs. Dans sa perspective, il se voit comme responsable et il tient à se punir pour ses propres péchés.
Saint Martin de Porrès meurt à 60 ans, le 3 novembre 1639, en extase devant son crucifix.
Il n’est canonisé qu’en 1962 par Jean XXIII, ce pape très sensible à tout ce qui touche les
injustices sociales; ce pape l’a fait appeler «Martin de la charité». Quand saint Martin est mort, toute la population de Lima, du vice-roi au plus simple mendiant, regrette amèrement le départ de ce grand saint à la peau noire, ce saint sensible à toutes les détresses et qui leur a enseigné par son exemple qu’une seule chose est importante, l’amour chrétien. Saint Paul l’a écrit aux Corinthiens il y a 2000 ans d’une façon qui est toujours actuelle : «Même si je connais tous les  mystères et toute la science, même si j’ai une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien».

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