Il s’est penché sur son humble servante

Vierge MarieL’humilité de Marie
Une grâce exceptionnelle
Préservée du péché originel, Marie a eu le privilège d’avoir un cœur tout entier orienté vers Dieu.
Aucun repli sur elle-même dans son âme, aucune recherche d’elle-même, aucun besoin de se mettre au-dessus des autres.
N’ayant pas été abîmée par les séquelles du péché originel, sa liberté n’avait pas cette terrible facilité de commettre le mal, de se mettre au-dessus de Dieu. Facilité qui, loin d’être une perfection de notre liberté, est une blessure.
Elle vivait spontanément ce qu’elle lisait dans le psaume 131 (130) :
Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux
je ne poursuis ni grands desseins, ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère.

Une remise perpétuelle entre les mains du Seigneur

Est-ce à dire que Marie n’a jamais été tentée ? Jésus lui-même ne l’a-t-il pas été ? Nous avons donc le droit de penser que Marie l’a été tout autant que nos premiers parents, tout autant que les anges qui, eux aussi, ont été créés immaculés, mais pas impeccables. Il n’y a que la liberté de Dieu qui soit impeccable !
Mais il est facile d’imaginer que Marie a pris très tôt l’habitude de se remettre tout entière entre les mains de Dieu pour rester toute petite devant Lui. Et c’est ainsi qu’elle a accepté avec humilité de ne pas comprendre d’emblée pourquoi son enfant, le Messie, devait tant souffrir ! Siméon lui avait annoncé qu’un glaive transpercerait son âme, mais elle ne pouvait pas imaginer la fuite en Egypte, l’incroyance des gens du village et tout ce qu’il aurait à subir! Loin de se révolter, elle a « adoré » les desseins mystérieux de la Providence du Père.
Un privilège qui n’éloigne pas Marie de ses enfants.
On entend parfois dire que, pour comprendre quelqu’un, il faut avoir eu les mêmes
expériences que lui, avoir commis les mêmes bêtises, etc. Rien n’est moins sûr. Il
n’est nullement nécessaire de se prostituer soi-même pour comprendre les
prostituées et l’on a souvent remarqué la merveilleuse connivence qui peut s’établir
entre des grands-parents et leurs petits enfants. C’est le cœur qui comprend. Et
plus un cœur est pur, plus il est capable de vibrer aux joies et aux peines d’autrui.
Marie, notre Mère, est la seule femme capable de nous comprendre totalement : immense est sa compassion pour nous sans la moindre ombre de suffisance.
Dans le ciel, elle n’oublie d’ailleurs pas qu’elle fait partie de notre race, de la race des pauvres pécheurs, et que, si elle a été préservée du mal, c’est « pour nous et pour notre salut ». Comme le dit très précisément le concile Vatican II, elle a été « rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils »

Le combat contre notre orgueil

Comment Marie peut-elle nous aider dans le combat que nous aurons à mener jusqu’à notre mort pour ne pas succomber à toutes nos tentations d’orgueil ? Que nous invite-t-elle à faire ?
Nous tourner vers Dieu
Lui seul est infiniment bon. Il est le seul capable de combler le gouffre infini de notre cœur. Dieu ne nous reprochera jamais d’avoir une envie folle d’être aimé. C’est Lui qui a déposé ce désir au fond de notre cœur pour que, précisément, nous nous tournions un jour vers Lui, Lui seul étant capable de nous chérir d’un amour infini. Quand on a découvert cette tendresse infinie qui pèse de tout son poids sur les épaules de chacun, on ne cherche plus à être apprécié par tout le monde.
Lui seul est également infiniment aimable, infiniment digne d’être aimé. Aussi est-il juste de nous élancer vers Lui de tout notre cœur en Lui redisant à la suite de saint François d’Assise :
« Très-Haut, tout puissant et bon Seigneur, à Vous les louanges, la gloire, l’honneur et toute bénédiction. A Vous seul elles sont due et nul homme n’est digne de Vous nommer ! »
Comme le disait saint Augustin au début de ses Confessions, « Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi« .
S’agenouiller devant Dieu n’a rien d’humiliant, car il ne s’agit pas de s’aplatir
devant un tyran, comme serait obligé de le faire un esclave. Il s’agit
simplement d’avoir vis-à-vis de notre Créateur et Père la juste attitude :
Venez, prosternons-nous à terre / Devant Qui se plut à nous faire

Reconnaître notre orgueil
En demandant à la Vierge Marie de prier pour nous, pauvres pécheurs, nous lui demandons de nous aider à reconnaître notre condition de créatures extrêmement fragiles, terriblement tentés de tomber souvent dans le piège de l’orgueil. Le Père Molinié aimait dire qu’il rêvait d’une procession des « orgueilleux anonymes « – que nous sommes tous – qui iraient à Lourdes demander leur guérison.
Redemander sans cesse la grâce de l’humilité
A l’exemple des saints, nous devons supplier sans cesse le Seigneur de changer notre cœur de pierre en cœur « doux et humble ». Ayons le courage d’avoir peur, dirait encore le P. Molinié ; sachons que nous n’en finirons pas de lutter contre le démon de l’orgueil qui veut nous entraîner dans sa révolte contre Dieu. Les saints sont tous, plus ou moins, des orgueilleux qui, à force de répéter ; « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur !« , finissent par devenir humbles. Car, ne l’oublions jamais, l’humilité est un don de Dieu, le fondement même de toutes les autres vertus. Elle nous fait participer à l’humilité du Verbe incarné, qui avait une conscience très vive de ne rien avoir
qui ne Lui fût donné par son Père et de ne pouvoir rien faire sans son aide.
Remercier Dieu pour tous ses cadeaux
La reconnaissance est un antidote très efficace contre l’orgueil. Rappelons-nous, par exemple, que si nous avons été fidèles toute notre vie à nos engagements d’époux, de prêtre, de religieux ou de religieuse, cette fidélité nous a peut-être été méritée par l’humilité avec laquelle un enfant prodigue est revenue se jeter dans les bras du Seigneur.
Lorsque, dans le Magnificat, je chante le bras du Seigneur qui renverse les puissants de leur trône et élève les humbles, j’aime penser à la victoire qu’Il remporte sur tous nos réflexes de suffisance. Car, pour élever les humbles, le Seigneur est bien obligé de guérir
préalablement les orgueilleux que nous sommes tous, de les faire descendre de leur podium !

Enseignement du Père Pierre DESCOUVEMONT

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