La Croix Glorieuse du Christ

Galates 2,20 : Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi.

Ephésiens 5,2 : et suivez la voie de l’amour, à l’exemple du Christ qui vous a aimés et s’est livré pour nous, s’offrant à Dieu en sacrifice d’agréable odeur.

Cette charité du Christ révèle la charité même de Dieu avec laquelle elle est toujours en lien :

Romains 8,32 : Lui qui n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ?

Romains 8,37 : Mais en tout cela, nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés.

En nous révélant la charité de Dieu, la Croix du Christ est aussi un exemple pour le chrétien. La méditation de la passion du Sauveur implique de la part du disciple d’entrer dans l’attitude du maître.

Ainsi, pour Saint Paul, la Croix est révélatrice du mystère de Dieu, et cette révélation a des implications quant à l’agir du disciple du Christ. En ce sens, nous pouvons dire que la croix est parole. Saint Paul affirme en effet qu’il y a un « discours de la croix : « Le discours de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. 
Dans ce verset, s’affirme une théologie de la croix dans laquelle le paradoxe est assumé : cette Croix, de symbole de la mort la plus infamante devient « puissance de Dieu ». Cependant, cela n’est vrai que  « pour ceux qui se sauvent » – c’est-à-dire pour ceux qui accueillent dans la foi le salut offert par le Christ. Si le langage de la Croix est « puissance de Dieu », c’est que la mort du Christ en croix est efficace au bénéfice de « ceux qui se sauvent ». Il convient de comprendre de quelle efficience il s’agit dans la pensée paulinienne.

L’efficience de la Croix est à comprendre à partir de celle de la Résurrection.

Le Christ Ressuscité est « le point de départ de la nouvelle création ».  S’unissant à lui par la foi, le chrétien entre dans la vie nouvelle inaugurée par la résurrection de son Seigneur.  Cependant, cette nouvelle création n’est pas un commencement absolu, elle est une rénovation d’une création blessée par le péché.

La mort du Christ comporte une efficience négative. Par elle, est détruit ce qui fait obstacle à la nouvelle création, le péché qui éloigne l’homme de Dieu. Mais, de ce fait, il y a un rapprochement entre Dieu et l’homme que la théologie appellera justification ou réconciliation. On peut donc parler d’une efficience positive, une efficience non seulement vis-à-vis de l’homme, mais aussi vis-à-vis du cosmos.

Il faut remarquer en effet que, pour Saint Paul, la portée de l’événement de la Croix ne concerne pas seulement l’homme. L’apôtre décrit la victoire de la Croix comme celle du Christ sur les « Puissances » cosmiques : « Il a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle à la face du monde, en les traînant dans son cortège triomphal. »  Victoire sur les puissances cosmiques, la Croix du Christ anticipe le triomphe de parousie(1) .  « La parousie s’anticipe dans la résurrection du Christ, et la parousie et la résurrection sont déjà annoncées par la mort ; celle-ci devient ainsi une victoire. »

Sœur Anne-Claire

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