Léonie Martin

Léonie MartinC’est à Alençon, le 3 juin 1863, que naît Léonie, dans le foyer de Monsieur et Madame Martin. Le père est horloger-bijoutier, la mère, une habile dentellière. Elle est baptisée le 4 juin 1863 à l’église Saint Pierre de Montsort, en la Solennité du Très Saint Sacrement.

La marraine, Mme Tifenne, lui donna son propre nom : celui de Léonie, précédé de celui de la Vierge, selon la tradition de la famille. Deux fillettes, resplendissantes de vie, occupent déjà la maison : Marie et Pauline.
Quel contraste avec ce bébé si frêle et fragile ! Et voilà qu’au fil des mois, les maladies se succèdent : coqueluche, rougeole, convulsions… Durant plusieurs mois, la vie du bébé est en danger et, pour compléter ce tableau déjà sombre, un eczéma purulent ravage son corps.
Dans sa profonde détresse, mais en sa grande foi, Madame Martin écrit à sa sœur, visitandine au monastère du Mans. Celle-ci commence une neuvaine à sœur Marguerite-Marie du monastère Paray-le-Monial, celle à qui Jésus avait manifesté tout son amour.
Et… voilà que le bébé guérit ! Trois mois plus tard, sa Maman écrira à sa sœur : « Léonie, maintenant, court comme un petit lapin. » Néanmoins, la fillette devait garder toute sa vie des séquelles de ses maladies.
Léonie est par ailleurs systématiquement en opposition avec ses parents, l’obéissance lui est pratiquement inconnue. Et sa pauvre Maman écrit « qu’elle en perd son latin » et que sa fille « est la plus grande souffrance de sa vie. »
Déjà fragile et instable, voilà que l’enfant est accaparée par une servante qui, croyant peut-être bien faire, va même jusqu’à menacer de la battre si elle allait vers sa mère ! Comment s’expliquer que ce manège puisse durer plusieurs mois sans que les parents ne s’en rendent compte ?

C’est Marie qui, un jour, découvre la douloureuse pression à laquelle Léonie était soumise. Elle en fait part à sa Maman et interdiction fut faite à la bonne de s’adresser à Léonie, qui alors se soumettra en tout à sa Maman ! « En tout », c’est peut-être un peu exagéré car l’adolescente demeura quelque peu capricieuse et insouciante. Elle-même reconnaîtra plus tard, peut-être avec quelque exagération, avoir eu « une enfance détestable » ! Seule, sa tante visitandine garde espoir et sera bon prophète en écrivant un jour : « C’est une enfant difficile… mais je crois qu’ensuite elle vaudra autant que ses sœurs. Elle a un cœur d’or et, si son intelligence est lente, je lui trouve bon jugement. » Et Madame Martin, elle aussi, rappelle souvent dans ses lettres combien Léonie a bon cœur. Cette tante ajoutera dans une autre lettre : « Je la vois très bien en petite visitandine ! »

Mais, avant les épreuves se succèdent dans la famille :

Hélène, née un an après Léonie, meurt à 5 ans. Elle était sa sœur la plus proche en âge. Aussi ce « départ » a sans doute favorisé les difficultés de Léonie…Deux petits garçons, tant désirés, vivent à peine une année et une petite fille, née en 1870, ne vit que quelques mois.
Madame Martin, épuisée par ses nombreuses maternités et son travail de dentellière, est en plus rongée par un cancer. Malgré sa courageuse énergie soutenue par sa foi profonde, elle meurt le 28 août 1877. Monsieur Martin, bien que très attaché à Alençon, va quitter cette ville et s’établir à Lisieux afin d’être plus proche de sa belle-sœur et de son beau-frère, Monsieur et Madame Guérin. Il loue une maison : « Les Buissonnets », maintenant connue du monde entier !

Des années paisibles vont s’écouler dans ce lieu. Léonie, assagie (peut-être grâce aux prières de sa maman), déploie toutes les délicatesses de son cœur pour entourer ses sœurs et son papa : ce dernier ne dira t-il pas en parlant de sa fille : « Ma bonne Léonie ! »

En 1882, Pauline entre au Carmel.
En 1886, c’est au tour de Marie et deux ans après, Thérèse, la petite Thérèse, franchit à son tour le seuil du cloître.
Léonie et Céline vont veiller sur la santé de plus en plus déficiente de leur cher papa, atteint d’une maladie dégénérative du cerveau. En 1889, après plusieurs fugues, il s’avère nécessaire de faire entrer Monsieur Martin à l’hôpital psychiatrique du Bon Sauveur à Caen.

Pour faciliter les visites, les deux sœurs s’installent pour plusieurs mois à proximité de l’hôpital et Léonie reprend contact avec le monastère de la Visitation, qui se trouve sur le trajet allant du domicile provisoire des deux sœurs jusqu’à l’hôpital, Céline peut malicieusement écrire : « Dès que Léonie est libre, elle s’en va prier à la chapelle de la Visitation ! », monastère où elle avait fait un bref séjour.

N’oublions pas que la sœur de Madame Martin est visitandine, que Marie et Pauline ont été éduquées à la Visitation et sont imprégnées de cette spiritualité.

Pauline, elle-même, avait envisagé d’entrer à la Visitation avant de reconnaître la volonté divine dans le choix du Carmel.

La famille Martin est donc imprégnée par la spiritualité salésienne : reconnaître en tout événement Dieu qui vient à nous et attend notre réponse…Tout cela vécu avec amour en Église au sein du peuple de Dieu. Donc, pas étonnant que Léonie se sente attirée par cet ordre, d’autant plus qu’elle a été guérie enfant par l’intercession de la célèbre visitandine sainte Marguerite Marie.

Ce n’est pas sans de nombreuses difficultés qu’elle restera définitivement au monastère !

Sa tante l’avait bien jugée lorsque, naguère, elle avait dit : « Quand cette petite verra son devoir, rien ne l’arrêtera, elle brisera tous les obstacles qui ne manqueront pourtant pas son chemin. » Rappelons cependant que, très jeune, Léonie avait fait part de son désir de vie consacrée et de sa volonté d’être une « sainte religieuse ».

Après un premier essai de vie religieuse chez les Clarisses d’Alençon, essai qui tourne court, Léonie franchit le seuil du monastère de la Visitation de Caen le 16 juillet 1887 mais elle en sort le 6 janvier 1888.
Pourquoi ? Une certaine instabilité, une incompréhension, une question de santé : l’eczéma purulent revient fréquemment d’où des nuits sans sommeil et de violents maux de tête. Comment tenir ? D’autant que ce n’est plus au couvent le confort des Buissonnets ! Peut-être aussi à cause des problèmes de la communauté de l’époque.
Les couvents de l’époque n’étaient pas chauffés, n’oublions pas que Thérèse dira : « J’ai souffert du froid à en mourir ! » Léonie est accueillie chaleureusement chez son oncle et sa tante : elle assistera à l’entrée de Thérèse au Carmel et aux diverses cérémonies concernant sa « petite sœur ». Léonie retourne au monastère de Caen en 1893 et prend l’habit le 6 avril 1894. C’est pendant ce séjour que meurt Monsieur Martin, le 29 juillet 1894.
Un an plus tard, Léonie quitte à nouveau le monastère… Pourquoi ? Incompréhension, contention trop forte ?
Regrette t-elle la vie aux Buissonnets, qui était tellement différente : confort (pour l’époque !), affection des siens ? On peut se poser ces questions…Mais Dieu, qui sait ce qui est nécessaire à chacun, creuse peut-être en elle cette humilité qui jaillira bientôt en une confiance indéfectible.
La voilà de nouveau dans le monde. Seule, puisque Céline est entrée au Carmel. Léonie souffrit vivement de ce nouvel échec et certainement son moral s’en ressentit. Elle dut lutter contre une tendance dépressive, mais l’affection (et les prières) des siens l’ont aidée à réagir. Son oncle et sa tante l’accueillent avec une grande bonté, mais la jeune fille souffre de l’atmosphère quelque peu mondaine qui règne chez les Guérin. Mais rappelons-nous que Thérèse, avant de mourir, avait confié : « Après ma mort je ferai rentrer Léonie à la Visitation et elle y restera. »

Effectivement, elle en franchit le seuil en 1899 et…y est restée ! Non seulement de son vivant mais elle y est toujours, puisque sa tombe se trouve dans la crypte du monastère (elle sera transférée prochainement dans la chapelle).

Le 24 janvier 2015,  Monseigneur Boulanger annonce l’ouverture du Procès en vue de la Béatification et canonisation de la Servante de Dieu, Léonie Martin, Sœur Françoise-Thérèse.

source

Publicités

Une réflexion sur “Léonie Martin

  1. kristelsaintcyr 22 octobre 2016 / 7 h 39 min

    Très beau parcours le chemin de vie de Léonie qui connut tant d’obstacles et de difficultés, mais où triompha avec tant d’éclat la Miséricorde du Seigneur ! Comme cela est un encouragement pour tous ceux d’entre nous qui peinent parmi les souffrances de ce monde blessé, ou ont à lutter contre tant d’ennemis intérieurs ! Avec Dieu tout est possible, Lui seul sait nous guérir, si nous acceptons et recevons Sa vie en nous !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s