Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

Elisabeth de la Trinité

 

Le 3 mars 2016 dans l’après-midi, le Saint Père François a reçu le Cardinal Amato, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints et il a approuvé le miracle attribué à l’intercession de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité, ce qui ouvre la voie à sa canonisation.

 

Notice biographique

Née dans un camp militaire le 18 juillet 1880, la petite Sabeth
est fille de Capitaine et douée d’un tempérament volontaire,
turbulent, violent parfois. Mais elle montre aussi un attrait pour tout ce qui est
grand et beau et une ouverture à Jésus pour lequel elle veut vaincre, par
amour, son « terrible caractère ».
A 13 ans elle obtient le premier prix de piano au Conservatoire. Mais son
ambition est ailleurs : elle veut aimer Jésus à la folie, lui consacrer sa vie. Elle mène la vie d’une jeune fille de son temps et tout la passionne : la musique, la mer, la montagne, l’amitié, mais aussi la paroisse, la visite des malades, le catéchisme aux enfants, et plus que tout, et à travers tout, la prière.
De plus en plus Elisabeth se sent appelée au Carmel pour prier sans fin et
rapprocher l’humanité de Dieu. Ayant vaincu l’opposition de sa mère, elle
entre au Carmel de Dijon à 21 ans. Elle est profondément heureuse : une vie
toute de prière, pauvre, rude, mais éclairée par le Soleil de la présence de Dieu
et de la charité fraternelle.
Après un postulat radieux et une année de noviciat difficile, elle prononce
ses vœux le 11 janvier 1903. La voilà « épouse du Christ ». Elle se nourrit de la
Parole de Dieu, surtout de saint Paul, qui l’invite à devenir « la louange de la
gloire » de Dieu, ce « Dieu qui nous a trop aimés ».
Elisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la
vie de la communauté. Et dans ses lettres elle partage à ses amis, laïcs pour la
plupart, la merveilleuse découverte : tous appelés, tous aimés, tous habités par
la Présence, tous appelés à la communion avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.
En 1904 elle compose sa célèbre prière : O mon Dieu Trinité que j’adore où
elle se livre entièrement… Atteinte de la maladie d’Addison, alors incurable,
elle va connaître en 1906 une longue agonie de neuf mois. Au milieu de
grandes souffrances elle exprime encore sa joie d’aimer et de s’offrir. Elle
meurt le 9 novembre 1906.

Ses écrits

Les Lettres
Les 346 lettres conservées (84 lettres de jeunesse et 262 au
Carmel) montrent une Elisabeth très humaine, douée d’une grande délicatesse
de cœur pour ses correspondants. Elle reste proche de ceux qu’elle a quittés,
accompagnant chacun à partir de ses préoccupation personnelles, dans le réel
et le concret de sa vie. Elle les incite à s’ouvrir à cet Amour de Dieu qui
l’envahit et auquel elle se livre.
Les Poésies
Leur valeur leur vient moins de la forme stylistique que de la richesse
de l’expérience spirituelle d’Elisabeth qu’elles contiennent : elles révèlent son
âme, son cœur de feu, ses puissants désirs. Elles donnent un accès privilégié
aux sentiments qui l’animent.
Dans celles écrites au Carmel, pour des occasions précises, Elisabeth
chante pour ses sœurs le Mystère d’amour divin qu’elle contemple de la
crèche à la Croix
Le Journal
La partie qui nous est parvenue couvre la période de janvier 1899 à
janvier 1900. Elisabeth, jeune fille de 19 ans, s’y dévoile au plus intime d’elle même : vive et spontanée, d’une grande pureté, ardente dans son amour pour
Jésus, patiente et aimante envers sa mère (dont le refus de la laisser entrer au
Carmel lui coûte tellement).

Les Traités Spirituels

Il s’agit de quatre textes écrits dans les derniers mois de sa vie.
Le Ciel dans la Foi
Sous la forme d’une « Retraite », c’est un souvenir de sa main qu’elle
destine à sa sœur Guite. Elle veut l’aider à « vivre au contact de Dieu », « à
travers tout », spécialement son devoir d’état de mère et d’épouse. C’est
là qu’elle exprime, avec un lyrisme spontané, ce qu’elle entend par l’appel
à devenir « Louange de gloire ».
La Dernière Retraite
A la demande de sa prieure, Elisabeth note sur un petit carnet ce qui
nourrit sa prière lors de sa dernière retraite au Carmel en août 1906. Une
dernière fois, en multipliant les citations bibliques, elle dit ce qu’est
l’essentiel de sa spiritualité : s’ouvrir à l’amour de Dieu, vivre dans le
silence et dans la foi, au-dedans, avec les trois personnes divines.
La Grandeur de notre Vocation
Il s’agit d’une longue lettre à destination d’une amie très proche,
Françoise de Sourdon, âgée de 19 ans. Elle a la nature ardente
d’Elisabeth et celle-ci peut d’autant mieux la guider sur les voies de
l’intériorité, l’incitant à laisser avec confiance la grâce baptismale faire
son œuvre en elle.
Laisse-toi Aimer
Dernière lettre rédigée à l’intention de sa prieure, Mère Germaine, et
dans laquelle elle l’invite à se « Laisser aimer », à vivre « en société avec
l’Amour, croyant à l’Amour ».
« Crois toujours à l’Amour… et chante toujours Merci ! »

Sa prière « O mon Dieu…

O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement
pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était
dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire Sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre
repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.
O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre
Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.
O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je
veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.
O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « BienAimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».
O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me
perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

Quelques citations

«  Comprendrons-nous jamais combien nous sommes aimés ?»

« La Trinité, voilà notre demeure, notre « chez nous », la maison
paternelle d’où nous ne devons jamais sortir. »

« Il est un cœur de Mère en lequel vous pouvez toujours vous blottir : c’est celui de la Vierge. »

« Dieu nous aime au point d’habiter en nous, de se faire le Compagnon de notre exil, le Confident, l’Ami de tous les instants. »

« Il a mis en mon cœur une soif d’infini et un si grand besoin d’aimer que Lui seul peut rassasier. »

« Il faut rayer le mot « découragement » de ton dictionnaire d’amour ! »

« Faisons-Lui en notre âme une demeure toute pacifiée en laquelle se chante toujours le cantique de l’amour, de l’action de grâces. »

« Chaque incident, chaque événement, chaque souffrance comme chaque joie est un sacrement qui nous donne Dieu. »

« Même au milieu du monde on peut l’écouter dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à Lui ! »

« Une âme unie à Jésus est un vivant sourire qui le rayonne et qui le
donne. »

« Je vous en prie, marquez tout du sceau de l’Amour, il n’y a que cela qui demeure. »

« Pense que tu es avec Lui et agis comme avec un Etre qu’on aime ; c’est si simple, pas besoin de belles pensées mais un épanchement du cœur. 

« Si vous saviez comme Il vous aime, comme à chaque minute qui passe Il veut se donner plus à vous ! »

« J’aime t’emporter plus haut que ce qui meurt, au sein de l’Amour infini. »

Rayonnement

Sollicitée par de nombreux Carmels et amis, sa prieure, Mère
Germaine de Jésus écrit en 1908 un récit biographique qu’elle
nomme simplement : « Souvenirs ». Il connaît rapidement de multiples
éditions et sera traduit en quelques années en une dizaine de langues.
Un Procès diocésain ouvrit en 1931 une première Enquête en vue de la
béatification d’Élisabeth. Il sera repris après la guerre et c’est Jean XXIII qui
signera le Décret d’Introduction de la Cause le 25 octobre 1961.
Le Procès apostolique (= romain) fut ouvert et aboutit le 12 juillet 1982 à
la reconnaissance des « Vertus héroïques » de la Servante de Dieu, lui
attribuant le titre de Vénérable.
Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17
février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Agé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil urogénital.
Le malade souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et
s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de
retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se
confiant à l’intercession de sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine le Père
Chanut sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance
intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus à partir de cette date les
examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de
Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en
Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle
permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984.

Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la
canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de
religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est
atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples
conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit
abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la
maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis
de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de
mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence,
car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le
Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se
lève soudain : « Je n’ai plus mal ! ». Les symptômes ont disparu…
Quelques mois plus tard elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce Décret du 3 mars 2016.

« Je veux être sainte, sainte pour faire son bonheur.
Demandez-Lui que je ne vive plus que d’amour,
c’est ma vocation. »

elisabeth-dijon.org

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