Conversion et Carême

CarêmeIl fut un temps où j’étais fervent, généreux, sans compromis. Le Christ entrait chez moi en ami, en intime. Je lui avais donné la clé de la porte arrière, il entrait comme il voulait. Je brûlais. Peu à peu, ces visites m’ont gêné : entrant par derrière, il traversait inévitablement mon domaine plus personnel où, depuis un temps, le désordre s’installait. Il me demandait des explications que j’écartais évasivement, prétextant mon manque de temps, mes occupations…

Un jour, il trouva la porte arrière fermée.

Il fit le tour, entrant par la porte officielle. Je me suis excusé : « J’ai égaré la clé. » Depuis je le reçois encore, mais par cette porte du tout-venant, quand d’autres sont là, ce qui me préserve de ses questions plus directes. Nous en sommes aux politesses, aux conversations de routine.

Parfois je la regarde, cette porte arrière de mon cœur.

Les herbes, depuis, ont poussé, sauvages et hautes, la serrure doit être rouillée. Plusieurs fois il est revenu frapper à cette porte. Je me cachais, faisais semblant de n’être pas là. Chaque fois, cela m’a rendu malade. Au fond, je voudrais bien… comme au temps des ferveurs premières…

En entendant les appels à la conversion, beaucoup de pratiquants ne se sentent pas concernés : « Je n’ai ni tué ni volé. Je suis honnête. » –

Fort heureusement ! Mais le Christ veut que nous soyons encore autre chose que des braves gens.

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